PRÉFACE. XXIII
—La SECONDE PARTIE du livre, consacrée exclusiveiinent aux chronomètres^ débute par des explications sommaires^ mais précises, sur la description et la théorie de leur mécanisme, principalement au point de vue de Tisochronisme. Ces explications nous paraissent tout à fait propres à compléter l'instruction des marins sur les précieux instruments qui 8ont aujourd'hui Tâme de la navigation rapide. Elles forment le résumé des beaux travaux de l'espèce de MM» Philipps, Villarceau et Résal, ainsi que des excellentes publications de M. Caspari. Elles renferment, en outre, des indications techniques puisées aux meilleurs traités d'horlogerie, et auprès de M. A. H. Rodanet, un de nos plus habiles chronométriers, qui a bien voulu aussi nous fournir les dessins de l'espèce qu'on voit figurer dans le texte.
Le lecteur pourra apprécier combien il était utile de grouper ainsi en un seul faisceau toute une série d'idées, dont la dissémination ne permettait pas jusqu'ici de suivre avec fniit le lien qui les unissait, et dont la coordination jette un jour complet sur l'existence et la nature de la variation norrmle des marches sous l'action des changements de température et de l'âge des huiles, variation propre du reste à chaque chronomètre. — Il était rationnel de compléter cette question par l'exposé des perturbations chronométriques dues à l'influence même de la présence des montres à bord des navires, et dont l'étude, déjà faite en son temps par d'éminonts navigateurs, a été reprise avec soin, dans ces demièreo années, par divers officiers, notamment par MM. Fleuriais, Martin, de Magnac, Rouyaux, etc. Les explications sus-mentionnées que nous donnons du mécar nisme des montres aident encore à expliquer la plupart de ces perturbations. Elles éviteront souvent ainsi
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aux officiers la peine d'aller chercher bien loin la raison de dérangements en apparence mystérieux, et auxquels l'imagination est portée à attribuer des origines de fantaisie.
Ces préliminaires posés, nous avons indiqué, après un examen contradictoire, la façon la plus logique de tenir compte des changements de température et de Tâge des huiles, soit pour les campagnes scientifiques à Taide de formules complètes, soit pour la navigation courante à Taide de formules réduites, ou mieux par des procédés graphiques, procédés que M. Mouchez a le premier systématisés avec cet instinct supérieur qui caractérise toutes les œuvres de Téminent académicien. — Désireux d'apporter un soin exprès dans l'exposé de cette question, il nous a fallu commencer par donner des notions élémentaires, et néanmoins bien nettes, sur la Théorie des erreurs d'observation, théorie qu'il est utile de connaître, du moment qu'on en arrive à considérer l'usage des chronomètres comme une science de précision. Nous nous sommes ensuite efforcé de mettre en relief les nuances particulières propres aux formules et aux procédés précités pour tenir compte des erreurs en question. L'ignorance de ces nuances a fait échapper jusqu'ici aux yeux des navigateurs la raison d'être des améliorations proposées, et ne leur a pas permis d'en saisir le but, ni la nécessité.
En ce qui concerne la manière de tenir compte des perturbations chronométriques dues à la présence même des montres à bord, nous avons abordé le problème dans toute sa généralité, et indiqué la voie soit analytique, soit graphique, qu'il importe de suivre pour le meilleur parti à tirer de l'emploi concomitant de plusieurs chronomètres.