‹ Les nouvelles méthodes de navigationChapitre 55 sur 97 · CHOIX ET USAGE DES HORIZONS ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

CHOIX ET USAGE DES HORIZONS ARTIFICIELS

heures du compteur, i^ ont, Ton choisit l'une quelconque d'entre elles ; et OD effectue avec elle un seul calcul. Dans le cas contraire, on prend la moyenne des hauteurs et des heures. — Aux environs du méridien, il ne faut jamais prendre de moyenne de hauteurs et d'heures; car on sait qu'à ce moment les éléments dont il s* agit ne varient pas proportionnellement entre eux.

Poor la détermination perfectionnée des états absolus, on peut ob» server une suite de hauteurs isolées ; ou encore on prend trois à quatre séries de trois hauteurs chacune. En principe, les séries n'offrent pas les avantages, du reste mal définb, qu'on leur a attribués pendant longtemps. Elles sont même défavorables quand on applique à la fin du calcul, comme au n"* iS8, le critérium de Chauvenet pour éliminer les observations manquées. D'ailleurs, lorsqu'on se propose d'opérer par séries, on a le tort d'habitude de se laisser aller à trop de précipitation dans l'observation, et plus encore dans la lecture, à seule tin d'avoir des angles aussi rapprochés que possible entre eux. Or c'est évidemment là une manière d'opérer très-inexacte, et qui est de nature* à occasionner des erreurs graves. En règle générale, il faut toujours observer, sans se préoccuper du temps qui s'écoule entre deux contacts ; il faut d'ailleurs noter les observations qui semblent les plus précises. On voit ensuite les angles successifs qu'il est avantageux de grouper par série, et ceux qu'il vaut mieux traiter isolément. — Toutefois, il est des cas où l'usage des séries devient indispensable, c'est lorsqu'on peut de la sorte annuler une erreur systématique^ comme dans le cas d'un horizon artificiel où les glaces du toit sont prismatiques (n^l93) .

11 nous reste à ajouter que pour prendre de bonnes hauteurs, il vaut mieux mettre au préalable l'alidade aune division connue^ puis attendre la séparation des deux images, que d'amener les contacts successifs par les mouvements de la vis de rappel. D'ailleurs, ce procédé offre encore l'avantage de se prêter à la combinaison préconisée par M. Rouyaux au n"" 1S8, et qui consiste à prendre des hauteurs équidistantes.

IV<> lOS. Dc0 liorlsoiis arilflelcls. Hrrears systématiques et aeeMentcUes qni les eoneeraeiit. — Les horizons artificiels les plus employés aujourd'hui sont les horizons à liquide^ qui sont de deux espèces : l'horizon à mercure et l'horizon à huile. Ils comprennent tous une cuvette, plus un flacon renfermant le liquide.

Pour les horizons à mercure^ on ne doit employer que du mercure parfaitement clair. Quand il est sale, on peut le nettoyer rapidement en le versant alternativement de la cuvette dans le flacon, et réci-

460 CHOIX ET USAGE DES BORIZONS AUTincrELS.

proquement : on a d'ailleurs soin de tenir celui^i Terticalement, le fond en Tair. En versant le mercnre» les impuretés resteront alternativement dans la cuvette et dans la bouteille; on les retirera alors soigneusement après chaque opération.

Quand le mercure est par trop impur, il faut lui faire subir un nettoyage ad hoc. On arrive au résultat voulu en versant dans le flacon à mercure une certaine quantité d'acide sulfurique. On secoue fortement ; puis on lave à Teau pure, et l'on filtre à travers un linge fin. — On peut encore efiectuer très -simplement ce filtrage, en versant le mercure dans un cornet de papier à pointe très-effilée; on arrête l'écoulement du métal un instant avant le moment où les impuretés vont passer à travers la pointe. Ce moyen demande un peu de temps, mais réussit parfaitement, les impuretés de toute sorte restant constamment, à cause de leur faible poids spécifique, à la surface supérieure du métal dans le cornet. *

L'excessive mobilité du mercure met à Tabri de toute observation douteuse ; car on est prévenu du moindre dérangement dans l'horizontalité de la surface supérieure du liquide par la déformation de l'image de l'astre réfléchi. — Cette extrême mobilité peut, dans certains cas, devenir fort gênante. Pour y remédier, il suffit d'introduire dans la cuvette un double fond en bois, dans lequel on a préalablement pratiqué des rainures de 3 millimètres de profondeur et distantes entre elles de la même quantité. Ce dispositif assure aux couches inférieures du métal une immobilité si absolue, que le niveau de la surface du bain lui-même peut résister aux trépidations du sol. Les rainures pratiquées dans le bois qui forme le double fond ea question, n'ont un effet certain qu'à la condition de laisser au bois toute la rugosité que lui donnent les traits de scie.

— L'horizon à huile possède une sensibilité bien moins gênante que celui à mercure. Pour les observations du Soleil, il donne, surtout dans les pays chauds, des résultats très-satisfaisants. Sa cuvette doit être noircie. Par ailleurs, pour s'en servir, il faut que la température soit au moins de + 10**, sans quoi l'huile perd sa fluidité.

— Quel que soit le genre d'horizon à liquide employé, le fluide est soustrait à l'influence du vent par une toiture munie de deux fenêtres. Celles-ci sont le plus communément fermées par des feuilles de talc, qui ont la propriété de peu réfracter les rayons lumineux.

Le toit doit être construit de telle soite qu'il embotte extérieurement la cuvette, sans reposer sur elle. Cette disposition offre Tavaa-

Page 1