CHOIX ET USAGE DES HORIZONS ARTIFICIELS
ia^ de soustraire plus complètement le liquide à Tinfluence de l'air extérieur. On peut, dans ce but, faire un joint parfaitement étanche entre le toit et l'endroit où il repose, en formant ime petite rigole de terre autour de son bord inférieur. — Le talc a souvent des veines qui produisent une certaine réfraction ; il' en est rarement exempt. D'autre part, il se boursoufle. Ces divers défauts déforment l'image qui le traverse, et rendent quelquefois l'observation diflScile. Pour obvier à ces inconvénients, on remplace aujourd'hui le talc par des glaces disposées de telle façon que, dans les observations rigoureuses, on puisse, en opérant alors par séries, leur faire faire une demi-révolution au milieu de chaque série, qui doit dès lors renfermer un nombre pair d'angles, afin d'annuler l'erreur systématique pouvant résulter du prismatisme des glaces. De plus, ces dernières pièces, au lieu d'être fixées au toit, sont placées sur des panneaux mobiles glissant dans des coulisses. Au moyen d'une vis de pression, on arrête chaque glace à différentes hauteurs par rapport au niveau du fluide placé sous le toit. — Enfin on trouve encore dans la boite à niveau, une ou deux semelles ou des cales en fonte, dont le but est expliqué dans ce qui suit.
— Pour se servir d'un horizon artificiel à liquide, il importe d'orienter les montants de la cuvette dont les plans doivent se trouver perpendiculaires à IHntersection des deux faces inclinées du toit, de façon qu'ils soient dans la direction du vertical de l'astre au milieu de l'observation. Ou satisfait à cette condition quand l'ombre produite par les arêtes verticales de la cuvette se projette un peu à l'ouest desdits plans ou de leurs prolongements.
A ce moment, on recouvre la cuvette de son toit; et on applique un morceau de papier blanc sur le verre situé du côté de l'observateur. Si une image lumineuse complètement circulaire vient s'y dessiner, le niveau est bien placé; msûs si le cei-cle lumineux est en partie caché par le haut ou par le bas, cela prouve que la surface supérieure du liquide n'est pas à la hauteur voulue par rapport aux fenêtres du toit. On voit facilement, d'après l'image, s'il ifaut élever ou abaisser cette surface. Dans le premier cas, à l'aide des semelles ou des cales susdites placées sous la cuvette, on élève le niveau du mercure, c'est-à-dire qu'on diminue la distance verticale entre celui-ci et le centre de la glace du toit. Au contraire, en élevant d'une même hauteur les deux panneaux mobiles qui portent les glaces, on augmente la distance en question. Après quelques essais, on peut donc arriver, par la ma» noBi^vre des semelles et deç panneaux, à amener l'image réfléchie
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de l'astre observé à se projeter en un cercle lumineux complet sur la feuille de papier précitée. Le niveau est alors bien placé. Il est bon, avant d'observer, de mettre le toit en place sur la cuvette pendant quelques nâinutes. L'air emprisonné ne tarde pas à déposer une buée très-intense sur les glaces; on les essuie avec soin de manière à ne pas les rayer, et l'on remet le toit en place. II est rare qu'une deuxième condensation de vapeur se produise, tandis que la première a lieu presque toujours, et d'habitude très-rapidement
— Nous ne parlerons pas ici de l'horizon artificiel à glace. D en est de celui-ci par rapport à Thorizon à liquide comme du cercle par rapport au sextant. En un mot, c'est un instrument qui tend à disparaître en marine.
— Nous ne terminerons pas ce qui concerne l'usage des horizons artificiels sans indiquer la manière d'y observer les étoiles ; c'est là un cas particulier susceptible de se présenter dans quelque campagne scientifique, et que, par conséquent, il n'est pas inutile de faire connaître.
En principe, il est très-difficile d'établir le contact entre l'image de l'étoile dans le petit miroir du sextant et son image dans rborizcH) artificiel, ou plutôt d'avoir la certitude que l'astre renVoyé par le grand miroir est bien l'étoile qu'on voit directement dans le liquide. On démontre aisément, comme l'a fait le premier le professeur russe Knorre, que, quand les deux images d'un objet sont en coïncidence, l'inclinaison du grand miroir sur l'horizon artificiel et par suite sw un plan horizontal quelconque, est égale à l'inclinaison de l'axe optique sur le petit miroir, et a, par conséquent, une valeur constante. Il propose donc d'adapter un petit niveau à bulle d'air sur l'alidade, en le montant de façon que sa base fasse avec le grand miroir l'angle constant dont il s'agit. Dès lors, en manœuvrant l'alidade de façon à amener la bulle entre ses repères, on aura les deux images dans le champ de la lunette. — En cas de besoin, on peut remplacer le niveau à bulle d'air par un petit pendule composé d'un fil de soie et d*uD poids léger, et qu'on fixe à un trou pratiqué dans l'alidade en un point de celle-ci tel, que le pendule vienne tangenter l'extrémité de la tête de la vis de rappel lorsque les deux images sont en coïncidence. Pour déterminer ce point de suspension, il suffit de mettre en contact une ligne horizontale lumineuse et son image, comme l'horizon direct et rhorizon réfléchi de la mer. Puis, dans cette position du sextant, ou fait marquer par une autre personne la trace sur Fàlidade du prôhmgement de la verticale qui. tangente la tête de la vis de rappela te
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grand miroir étant alors parallèle au petit miroir, en même temps que Taxe optique est horizontal, fait présentement avec Thorizon Fangle constant sus-mentionné» et cela pour la position de l'alidade qui correspond au point de collimation. Le point de suspension du pendule dnsi obtenu permettra évidemment de remettre le grand miroir sous le même angle par rapport à Thorizon, pour une position quelconque de l'alidade par rapport audit point.
— Occupons-nous maintenant des erreurs systématiques et acdden- UUes afférentes aux horizons artificiels.
Les erreurs systématiques ne peuvent évidemment provenir que du manque de parallélisme des glaces du toit, ou de la mauvaise qualité du talCi susceptible de donner une image légèrement déformée. — On peut se mettre à Tabri des erreurs de parallélisme des glaces, en faisant faire à celles-ci, ainsi qu'il a été dit plus haut, une demi-révolution à chaque observation, ou simplement au milieu de chaque série si elle doit comprendre plus de deux angles. Lorsque l'installation des glaces ne se prête pas à cette combinaison, il faut retourner le toit liii*même à chaque contact. De l'une ou l'autre façon, les observati(MK3 paires et impaires seront erronées d'une quantité sensiblement égale et de signe contraire. Leur moyenne fera donc disparaître l'influence de la circonstance qui nous occupe.
De leur côté, les erreurs acddentelles dans les horizons artificiels peuvent provenir d'observations faites près des bords, là où la surface du liquide est susceptible de former ménisque sous l'influence de Faction capillaire des parois de la cuvette. — Elles se manifestent encore quand la surface du liquide cesse d'être très-claire, comme avec du mercure sale; ou quand elle tend à se déformer sous l'influence de trépidations dues au vent, ou à toute autre cause. — Les détails très-circonstanciés donnés plus haut pour l'usage des instruments qui nous occupent, permettent toujours de réduire à des quantités insignifiantes les erreurs accidentelles que nous venons de s^aler.
3* PARTIE. — § IV. Considérations sur le choix et l'usage