Casimir Stryienski, Marie-Josèphe de Saxe. p
L'OPINION PUBLIQUE. 26b
ensuite bien difficile d'ôter de son imagination; et, pour éviter de semblables accidents, j'ai su, par des personnes dignes de foi, que feu Son Eminence (Mazarin) envoyait des gens qui débitaient quantité de choses de la manière qu'il voulait qu'on les crût '. »
Des documents précis vont nous montrer les successeurs de Mazarin continuant exactement sa politique, dans le souci d'orienter par des « nouvellistes officieux » l'opinion publique d'une manière favorable au gouvernement. Le duc de Bourbon, premier ministre, a fait traduire devant le Parlement l'ancien secrétaire d'État à la guerre, Le Blanc. Celui-ci, politicien très intelligent, avait eu soin de cultiver sa popularité dans Paris. Au coin des rues il faisait coller des placards très vibrants, comme nos affiches modernes, et des agents à sa dévotion couraient la ville pour y répandre les discours opportuns. Une note de police, du 29 janvier 17-2."), informe le ministère que la lieutenance de police n'a pas manqué de faire dire dans les cafés et autres lieux publics « tout ce qu'il convenait d'insinuer, au sujet des affaires de M. Le Blanc et des raisons indispensables que S. A. S. Monseigneur le duc (de Bourbon) a eues pour renvoyer cette affaire au Parlement comme à une justice équitable et réglée ». « Mais, ajoute mélancoliquement le lieutenant de police, les faux discours que l'on débite, entre autres parmi les personnes ennemies de la tranquillité, détruisent tout ce que l'on peut dire de bouche 2. »
Les documents qui suivent sont encore plus expli-