Mélanges publiés par Sa ançais, t. IV r
police du 29 novembre 1724. « Leur choix est heureusement appliqué. Ce sont des Dauphinois, des Gascons et des Lyonnais. M. du Vernay (l'un des frères Paris) fait prôner dans les cafés qu'il envoie savoir le nombre des malades à l'Hôtel-Dieu. C'était un découplé, intrigant de Lyon, qui annonça hier au café cette importante et plutôt orgueilleuse que charitable attention, venant d'en prendre l'état qui est de2 500 malades. M. du Vernay enverra ses aumônes apparemment avec la même pompe que les princes du sang rendent le pain bénit, pour parvenir à être contrôleur général1. » Et ce dernier trait témoigne encore de l'influence exercée par l'opinion publique sur le choix des ministres et des « personnes en place ». « M. de Boulainvilliers , lisons-nous dans les Mémoires de Jeanne de Valois (M. de Boulainvilliers était prévôt des marchands), a toujours voulu passer pour ce qu'il n'était pas. Il avait soin d'envoyer son secrétaire dans les différents cafés, lorsqu'il voulait se faire un mérite2....
De cette opinion générale, qui était façonnée par les nouvellistes, les personnages les plus haut placés, les ministres, les ambassadeurs étrangers, avaient donc grand souci3. On lit dans les Mémoires du marquis d'Argenson, qui fut secrétaire d'État aux Affaires étrangères, cette note datée du 27 juillet 1739 : « On m'a dit que ma réputation s'était accrue dans le public et que, dans ma querelle avec le cardinal de Fleury (à propos de l'ambassade de Pologne), j'avais eu tout le monde pour moi, que j'avais donné un
1. Bibl. de l'Arsenal, Archives de l<i Bastille, ms. 10155, f. 17.
2. Vie de Jeanne de Valois, comtesse de La Mono éd. de l'an I . I. 121.