Gazette de la Réyence, p
l'opinion publique. 275
exemple de l'extrême radotage, tyrannie et injustice du cardinal, que j'avais eu ce qu'on appelle le parterre pour moi. » l
Les ministres de l'ancien régime se préoccupaient donc d'avoir « le parterre pour eux »; les hommes politiques du xxc siècle recherchent les faveurs de la presse.
L'opinion publique, organisée comme il vient d'être dit, tenait lieu de la presse en un temps où celle-ci n'existait pas. Et quand la presse fut née, son premier acte fut de tuer l'opinion publique, pour la remplacer. Pour rester seule « souveraine du monde », la presse tua l'opinion publique, sa mère. On sait que la presse est capable de tout.
1. .)/, , noi ■< . du marquis d' ^.rgenson, éd. de ta Bibliothèque elzévirienne, II. 92.
« Si Basilide, lisons-nous dans les Caractères, apprend le matin que nous avons perdu une bicoque, non seulement il envoie s'excuser à ses amis qu'il a la veille conviés à dîner, mais même ce jour-là il ne dîne point, et, s'il soupe, c'est sans appétit1 . »
Chapelain, secrétaire perpétuel de l'Académie française, où La Bruyère entra plus tard, aurait pu servir de modèle à ce portrait, lui qui écrit, le 12 février 1638, à son collègue Godeau, évêque de Grasse : « Je vais commencer le quatrième livre (de la Pucelle) et j'espère l'avoir achevé vers la fin de l'été, si les nouvelles publiques ne me tarissent; car je vous avoue ma faiblesse, que je suis gai ou triste, fécond ou stérile, selon les bons ou mauvais succès de ma patrie2 ».