Publ. dans la Revue rétros^ . a° l~<- y
PRELUDES. 291
toutes les bonnes. » Et, peu après, Argenson ' : « Chaque nuit se font de continuelles captures de beaux-esprits, d'abbés savants, de professeurs de l'Université, soupçonnés de répandre de mauvaises nouvelles au café et aux promenades, de fronder contre les ministres2 ». Puis, comme le constatera bientôt le même Argenson, la police n'ose plus sévir contre ceux qui frondent le gouvernement dans les cafés et dans les promenades « parce qu'il faudrait arrêter tout le monde ». On constate une fermentation « qu'on n'avait pas vue depuis les guerres civiles ». Le peuple commence à se détacher de cette maison royale de France qu'il a tant aimée. « Les tètes s'échauffent et se tournent d'une manière qui fait tout craindre. » En 1751, on trouve au Palais-Royal, foyer du nouvellisme, « quantité de cartes où il y a : Rasez le roi! pendez la Pompadour ! rouez Machault ! »
Parlant enfin des idées républicaines qui commencent déjà à se faire jour, Argenson s'exprime ainsi : « Quelqu'un osera-t-il proposer d'avancer de quelques pas vers le gouvernement républicain? Je n'y vois aucune aptitude dans les peuples... cependant ces idées viennent et l'habitude chemine promptement chez les Français 3 ».
Ces idées en effet commençaient à prendre corps parmi les nouvellistes. Dès juillet iT.'iri, on lit dans un rapport au lieutenant général :
« Les personnes les plus sensées — et il faut vraiment noter que noire policier, en s'adressant direc-