PRÉLUDES. 2'J
nouvellistes ardents, écrit celui-ci, qu'on voit quelquefois formant des groupes, s'agiter ainsi que des énergumènes. >• En 17K:i, les nouvellistes s'introduisent même dans les jardins de Versailles, où ils viennent discuter des affaires publiques jusque sous les fenêtres du roi, qui « s'en amuse1 ».
Auprès <\-< nouvellistes •• politiques » et des patriotes, apparaissent, dans la seconde moitié du xviir siècle, les « philosophes ». Ceux-ci dissertent spécialement sur la liberté. Ils exaltent les Anglais; car l'Angleterre était à cette époque, comme on sait, le « temple de la liberté ». Mais le spirituel auteur de lu Lorgnette se rebiffe :
« Celte prétention me paraît injuste, dit-il, et je ne vois pas d'endroit dans le monde où l'on soit aussi libre qu'à Paris2. » A travers sa lorgnette, Grimod de la Reynière voyait juste.
Dans son Tableau de Paris, dont la première édition parut en 1781, Mercier constate que, depuis sept ou huit mois, les nouvellistes se multiplient. Ils pullulent sur les places publiques. « Ces groupes, écrit-il, que le fusil du guet aurait dispersés autrefois, ont reçu la permission de raisonner sur le pavé, le pied dans le ruisseau, au bruit des carrosses qui passent et qui interrompent le zèle et l'éloquence de l'orateur, car la roue écraserait tout comme un autre ce Démosthène nouveau. Ce qui étonne le plus^ c'est de voir de pauvres diables tout déguenillés se passionner pour une nouvelle récente et s'en rassasier comme si c'était du pain3. » La politique descend