‹ Les nouvellistesChapitre 124 sur 139 · Mânes de M. Métra, p · texte numérisé non relu

Mânes de M. Métra, p

PRÉLUDES. 29o

de mouvoir un rocher. » C'est ce que déjà Montesquieu avait dit de son ton solennel : « Je te parlerai dans cette lettre d'une certaine nation qu'on appelle les nouvellistes, qui s'assemblent dans un jardin magnifique où leur oisiveté est toujours occupée. Ils sont très inutiles à l'État et leurs discours de cinquante ans n'ont pas un effet différent de celui qu'aurait pu produire un silence aussi prolongé. Cependant, ils se croient considérables parce qu'ils s'entretiennent de projets magnifiques et traitent de grands intérêts ' ».

Enfin Mercier, en 178 L : « Vainement voudrait-on étouffer dans le Parisien un babil indiscret ou présomptueux qui lui est nalurcl : ce penchant est irrésistible. Depuis la tête du ministre jusqu'à la jambe du danseur, il faut qu'il dise son mot surtout; il faut qu'il répète l'épigramme du jour; c'est pour lui un triomphe; mais son caquet est aussi inconstant que ses idées. Attendez huit jours et ce caquet bruyant qui semblait devoir tout renverser2... »

Attendons huit ans : — et ce caquet bruyant qui semblait devoir tout renverser, renversera tout en effet.

On a coutume de parler de l'influence qu'auraient eue les penseurs, les philosophes, Voltaire et Rousseau, les économistes et les physiocrates, Quesnay et le marquis de Mirabeau, sur la préparation du mouvement révolutionnaire. Dès l'époque, cette influence a été niée, et avec raison. Argenson, Sénac de Meilhan, Montlosier constatent que l'action des écrivains sur la formation des idées du peuple a été insi-

Page 1