Ibid., III
::. Mercure ynlant. janv. 1693, p. 68.
4. Dorifile. l'un des personnages de la comédie de d'Ardènc, le " liste Marseille. 1761 .
.">. Mort vers 1769.
parlent d'un ton plus assuré. Ils citent indiscrètement les maisons et les personnes dont ils tiennent ce qu'ils débitent. » M en in ajoute qu'il emplissait lui-même sa pochette aux nouvelles auprès des personnages les plus haut placés, auprès du cardinal de Polignac, « qui ne disait et ne croyait que ce qu'il fallait dire et croire; > auprès du maréchal d'Alègre, du marquis de Chamarante, premier maître d'hôtel de la reine Marie Lezczsinska, auprès du maréchal de Berwick. « C'est l'habitude que j'avais avec ces seigneurs, dit notre parlementaire, qui m'a appris à penser et à parler comme il faut sur les nouvelles. » Puis, ce qu'il débitait d'après de telles autorités, « lui faisait honneur dans les compagnies ' ».
Ariste décrit un de « ces fameux bourgeois, qui vivent de leurs rentes et qui n'ont pas d'autre occupalion que celle que leur donne leur désir curieux d'apprendre des nouvelles de tout ». Celui-ci a la bonne fortune d'être admis en privé chez un des premiers commis aux Affaires étrangères. Quand cet important fonctionnaire n'est pas au logis, ou que notre homme ne peut être reçu , il se glisse j usqu'à la « garde-robe » , où se trouvent les valets, et s'efforce d'obtenir de ceux-ci les bribes de renseignements qu'ils ont pu recueillir en faisant leur service 2.
Pour compléter ses informations, le nouvelliste a des correspondants en province, à l'étranger, avec lesquels il entretient un échange de lettres, à grand'peine, et souvent à grands frais.
Donneau de Vizé définit les nouvellistes : « Ce sont
1. Pot-pourry ». manuscrit conservé à la fli'.l. de la Y/ll>- <<■
in-fol., pp. 82 sq.
-.'. Xouvellea nouvelles, II. 226 29.
les personnes desquelles la passion dominante est de parler continuellement de nouvelles et d'en demander sans cesse, aussi bien que d'en débiter ».
Et, en effet, après avoir mis tant de soin à faire une belle récolte d'informations, noire bomme entend en faire profiter — et quoiqu'ils en puissent avoir — ses amis et ses connaissances.
Lisimon parle ainsi :
« Je le rencontrai le lendemain, comme je sortais de mon logis.
« — Je vous tiens présentement, me dit-il, vous ne m'échapperez pas comme vous le fîtes hier, et je prétends un peu causer avec vous, avant que nous nous séparions.
« — J'ai mille fois plus à faire qu'hier, » lui repartis je d'un air assez froid. »
Cela ne le rebuta pas. « De quelque côté que je tournasse, dit Lisimon, c'était toujours son chemin. »
Et voilà notre homme pendu aux basques de celui qu'il vient de harponner, tantôt lui débitant des nouvelles en les assaisonnant de ses commentaires, tantôt lui lisant des lettres,, tout récemment arrivées, disait-il, d'Allemagne ou d'Italie. « Il me ramena jusque devant mon logis où je fus plus d'une heure sans pouvoir entrer, il me retenait toujours et m'entretenait de nouvelles. » Enfin la femme du malheureux Lisimon qui, de la fenêtre, apercevait son embarras, lui envoya dire que du monde l'attendait au logis '.