Révolutions de Paris, numéro
Le 31 juillet, on décide au Palais-Royal l'incendie de l'Hôtel de Ville, ce qui ne laisse pas d'émouvoir l'assemblée des Électeurs '.
En août, c'est l'agitation sur la question du veto. L'effervescence devient si grande au Palais-Royal que M. de Vauxvilliers, président de l'Assemblée des représentants de la Commune, fait prendre des mesures spéciales par le commandant de la garde nationale 2.
Le 30 août, nos motionnaires décrètent une marche générale sur Versailles; et c'est à grand'peine si des mesures de police énergiques parviennent à l'arrêter. Ce qui n'est d'ailleurs pas pour intimider nos braves. La Société patriotique du Palais-Royal écrit au Président de l'Assemblée nationale qu'elle ne veut pas du veto. Si le veto passe, les propriétés du président de l'Assemblée et de tous les députés qui auront voté la loi seront incendiées. La lettre se termine par ces mots : « Songez-y et sauvez-vous ». Les secrétaires de l'Assemblée reçoivent une lettre semblable et les deux missives sont lues en séance, les délégués du Palais-Royal ayant été introduits.
Les Révolutions de Paris} décrivent la scène suivante, qui se joue au café de Foy, le 31 août au soir. « Le café était rempli de citoyens qui écoutaient avec avidité la lecture de l'Opinion de M. Schmidt sur le veto. Chaque phrase excitait les plus vifs applaudissements. Soudain les applaudissements se changent en cris d'indignation : « A bas ! non , non, infâme ! »
1. Lettre de l'Assemblée nationale (1189, 31 juill.), Arch. nat., C. 28 225.
2. Lettre au comte Je Satnt-Priest du 30 août 1789. Arch. nat., C. 86, numéro 8.