Arch. nui., c. il m
3. Lettre de Bailly à La Fayette du 26 févr. LT91, Bibl. nat., ms. franc. L1697, f. 126. Journal de Paris, IV.». q« 56, p. 28.
Aux Cordeliers les propos étaient beaucoup plus violents encore; mais les Cordeliers étaient plus éloignés de ces Messieurs de l'Assemblée. Puis, les nouvellistes des Cordeliers s'exprimaient avec une telle énergie que MM. les députés en étaient impressionnés. Nous ne prétendons pas que le fameux club des Cordeliers, qui dirigea trop longtemps la Révolution par la délation et la terreur, soit sorti directement des assemblées de nouvellistes, fidèles habitués du vieux cloître; mais on n'a pas oublié que, dès le commencement du xvmc siècle, les nouvellistes des Cordeliers sont signalés comme les plus violemment hostiles au pouvoir établi et à Tordre social. Cette action, en se continuant pendant près d'un siècle, ne tarda pas à pénétrer le quartier avoisinant Or le réfectoire de ce même couvent fut affecté, en 1780, à l'assemblée des Electeurs du premier degré pour la circonscription du district des Cordeliers.
Les journées du 1er et du 3 octobre avaient vu à Versailles le fameux banquet des gardes du corps, auquel la présence de Marie-Antoinette avait donné une si retentissante et si néfaste sanction. « Tout ce qu'il y a d'observateurs (nouvellistes) patriotes à Versailles partirent eux-mêmes pour porter ces nouvelles à Paris ou du moins firent porter leurs dépèches contenant ces détails. »
« M. Marat (des Cordeliers) court à Versailles, revient comme l'éclair, fait à lui seul autant de bruit que les quatre trompettes du jugement dernier et nous cric :
<< — O morts, levez-vous! »
Danton, de son côté, sonne le tocsin aux Cordeliers. Le dimanche, ce district désormais fameux, affiche son manifeste, et, dès ce jour même, l'avant-garde de l'armée parisienne marche sur Versailles.
C'est à la date du S août 1790, que la Chronique de Paris annonce la constitution en club du district des Cordeliers '.
Avec la Révolution s'épanouit la liberté de la presse, sous cette seule réserve que, du jour où les Jacobins furent devenus les maîtres, on coupa la tète à ceux qui s'exprimaient d'une manière qui ne convenait pas. Du moins, en flattant les maîtres du jour, put-on publier toutes les gazettes que l'on voulut et les répandre à profusion. Ainsi le journalisme prit en peu d'années l'essor que l'on sait. La première conséquence d'une extension aussi prompte fut la disparition des nouvellistes. Grâce aux ressources matérielles dont il disposa, le journalisme eut une sûreté d'information et une rapidité de diffusion que les nouvellistes, malgré toute leur activité, n'avaient pu atteindre.
Une autre conséquence de l'avènement du journalisme fut de faire disparaître l'opinion publique, dont les nouvellistes s'étaient faits les multiples échos, avec tant de vivacité, d'esprit et de belle humeur. Cette causerie générale , propagée par toute la France, qui en faisait comme un salon dont les hôtes