Nouvelles [II, 32 I
■2. /bUL, III. 322-24.
Souvent, dans un même groupe, plusieurs parlent à la fois. On ne sait à qui entendre. « Celuici quitte une nouvelle à moitié, pour en commencer une autre et la laisse aussitôt pour reprendre la première. » El l'on y peut rire de tel nouvelliste dans un cruel embarras, parce qu'il ne peut, à son grand désespoir, entendre à la fois tout ce qui se dit, de ci, de là, et reste perplexe un moment, ahuri, comme l'àne du philosophe entre les deux mangeoires.
La saison de la neige et de la brume trouve nos hommes à leur poste, tout comme les journées de soleil et de lumière :
Vous voyez en hiver la troupe désolée, Courir avec fureur dans celle grande allée, Et plusieurs sans manteaux, tout gelés et transis, De la moitié du corps paraissent rétrécis. Dans le temps fortuné de la saison nouvelle, Imitant le soleil, on voil croître leur zèle. Alors, se promenant sous les jeunes ormeaux. On les voil attentifs à cent projets nouveaux '.
Ils parlent de tout avec une admirable assurance et la plus grande volubilité. Tels les montre en un tableau pittoresque le Grand théâtre des Nouvellistes :
Dans qui pourrait-on voir plus de métamorphoses? Vous êtes, selon vous, tour à tour toutes choses : Tantôt théologiens, philosophes, rhéteurs, Pilotes, souffleurs d'or, astrologues, sculpteur-. Docteurs en droit, danseurs, médecins, gens de lettres.
El plus loin :
Grammaire, poésie, histoire, rhétorique,
Peinture, ait militaire, architecture, optique,
Tous concerts d'instruments et musique et plein chant,
Art de changer en or l'airain le plus méchant,