‹ Les nouvellistesChapitre 33 sur 139 · Mercure galant, 1G73, III · texte numérisé non relu

Mercure galant, 1G73, III

amusant. Voici, par exemple, des militaires qui ont achevé rénumération des succès remportés par Louis XIV durant sa campagne de Hollande, entre autres toute cette suite de prises de places fortes, que termina la reddition de Crèvecœur. Et le nouvelliste turlupin de conclure aussitôt par ces mots ■ — « qu'il proférait assez haut pour les faire entendre au loin » :

« — Hé. messieurs, n'avouerez-vous pas que les Français ont beaucoup trop d'honnêteté pour les Hollandais et qu'ils n'ont pas voulu leur laisser de Crèvecœur à la fin de la campagne *? »

Et les rires bruyants égayaient l'aridité des dissertations stratégiques.

Cependant notre « écholier » a des mots plus fins. Les flottes françaises assiégeaient, en 178:2, Gibraltar occupé par les Anglais. On attachait grande importance à la prise de la place.

« — Et comment va le siège de Gibraltar? » demande l'un des assistants.

— Hé! mais assez bien, répond Turlupin, il commence à se lever. »

Ce qui, par parenthèse, était envisager gaîment l'échec de ce siège entrepris à grand appareil et qui fut pour nos armes un véritable désastre.

Plus loin, nous trouvons les groupes de nouvellistes de Parnasse, qui, pour être en plus petit nombre que les politiques, n'en sont pas moins écoutés. A eux surtout s'applique l'observation des contemporains, que, s'il était important d'apporter des nouvelles sûres et

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