Ibid., II. 269. ::. lin Camp d'< h g
atlenlifs se sépare tout à coup avec elïroi. Ce sont les clercs espiègles
Qui font au milieu d'eux éclater des pétards.
Cependant on ne songeait pas à les expulser. Nombre d'entre eux étaient d'anciens magistrats, d'autres des avocats en exercice. Puis, en somme, n'attiraient-ils pas du monde dans la Galerie, pour le plus grand bénéfice des marchands?
Malgré cette tolérance, les nouvellistes en vinrent insensiblement à délaisser la galerie du Palais, comme ils avaient précédemment délaissé le Pont- Neuf; ils suivaient l'insensible mouvement du public, abandonnant sans motifs apparents un lieu de réunion ou de promenade pour un autre. L'auteur du Conseil de Mo/nus, publié en 1730, dit que le Palais ne sert plus de refuge aux nouvellistes que par les jours de mauvais temps '.
1. Le Conseil de Momus ou la revue de suh régiment, sans nom d'auteur, s. 1. n. d. (Paris, 1730, par Bosc du Bouchet), p. 174.
On eut dit que les grands couvents de Paris avaient spécialement construit leurs cloîtres pour la commodité desnouvellistes. Quand le temps était mauvais, les arceaux voûtés des longues galeries leur offraient un utile abri ; et, par les jours de claire lumière, les allées semées de sable fin et bordées de buis, qui se croisaient dans le carré égayé de fleurs et de verdure, leur servaient d'agréables promenoirs.
Nos amis se plaisaient tout particulièrement dans le riche couvent des Célestins, parmi ses pelouses ombragées, ses cours spacieuses plantées de quinconces.
Le clos des Célestins s'enfonçait comme un coin dans l'angle intérieur des jardins de l'Arsenal, qui l'enserraient en retour d'équerre. On y accédait par la rue du Petit-Musc, déformation de la désignation plus pittoresque, trop pittoresque, « rue de la pute y musse ».
Le cloître ménageait aux visiteurs d'attrayantes perspectives : hautes voûtes en arêtes, renforcées d'ogives nerveuses; arceaux en tiers-point enrichis de dentelles de pierre que soutenaient les meneaux
élancés; futaie de pilastres et de colonnettes aux chapiteaux fleuris d'acanthe. Au centre de la cour intérieure, un jel d'eau chantait à ciel ouvert, dans son bassin que ceignait la margelle grise, verdie par l'humidité. Et des plates-bandes de fleurs couraient parmi les ramages en verdure dessinés à la française.
Derrière le couvent, de grands jardins s'étendaient jusqu'à ceux de l'Arsenal. Le Voyage à Paris de deux- jeunes Hollandais, les frères de Villiers, daté de 1G57 ', en donne une séduisante description. « Le jardin est sur le derrière du Couvent. On trouve d'abord des berceaux de vignes et ensuite de grandes allées de hêtres qui sont fort bien entretenues et tondues avec soin. » Les plus belles fleurs, parfois des espèces les plus rares, brillent dans de petits jardinets, dont l'entretien est une des distractions préférées par les Frères Célestins. De ci, de là des grottes artificielles, des statues en bois peint. Le tout admirablement entretenu, car le couvent est le mieux rente du royaume.
Le jardin est ouvert au public, excepté dans la saison où les grappes de raisin mûr pendent transparentes sous les vertes tonnelles. Les bons moines ne croyaient pas devoir tenter les gourmands. Ces vignes étaient les plus belles de Paris. « De plus, note Sauvai, sur un tertre pierreux s'y voit une vigne sujette aux mêmes symptômes que celles de Bourgogne, mais dont le vin, mêlé avec le verjus des treilles, fait d'excellent vin d'absinthe que les Religieux distribuent aux pauvres, ou bien échangent aux bourgeois contre des bouteilles de vin ordinaire. » Et, dans le