Journal d'un voyagi -f658, publ. par Faugèrc Paris
1862, in-S . p. 120.
couvent même, une bibliothèque admirable, à laquelle l'un des religieux était spécialement préposé, offrait ses richesse- à la curiosité des visiteurs.
Quel joli cadre pour nos nouvellistes et comme tracé à souhait pour leur particulier agrément ! Aussi les y voit-on nombreux, groupés en cercles, ou se promenant dans les allées, en rangs parallèles, les uns marchant à reculons, tandis que leurs interlocuteurs s'avancent au-devant d'eux, pour reprendre bientôt la marche inverse. On y remarque surtout des ecclésiastiques, et ce sont les questions militaires qui font le principal sujet de leurs entretiens.
Ici encore, Du Camp d'Orgas, de ses vers railleurs, complète le tableau :
Mais, jusqu'aux Célestins, allons sons perdre haleine. Là. vous verrez en corps mille abbés assemblés ;
Assis sur divers bancs, satisfaits cl tranquilles, Ils donnent des combats, ils attaquent des villes, Et, se joignant bientôt à maints riches bourgeois, De cent événements ils parlent à la fois '.
Car les bons moines n'étaient pas sourds aux vains bruits de ce monde. Us venaient, par groupes de deux et de trois, grossir la clientèle de « nouvellistes écoutants » qui se pressait autour de nos gazetiers à la bouche. Et de quels vivants échos, nos héros, que le succès enflammait d'ardeur, ne faisaient-ils pas résonner les murs du cloître séculaire! Le couvent était riche. A la cuisine, dans de grandes marmites de cuivre poli, fumait une soupe appétissante, toute couverte d'œils gras et brillants, avec un arôme irrésistible : alléchante aubaine pour maints nouvellistes