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136 LES NOLVELLISTES.
faméliques. Et quelle façon, aussi simple qu'honnête, pour les Frères Célestins, curieux des événements nouveaux, de rémunérer, grassement, leurs zélés informateurs!
D'autres, dont l'estomac encore à jeun murmure, Vont tenter en ces lieux une heureuse aventure. Aimable providence ! Heureusement pour eux Ils connaissent l'ardeur d'un Frère curieux Et son faible souvent à leurs vœux favorable l.
C'est aux Célestins que, pendant trois ans, de 1008 à 1011 , brilla, comme président d'un cercle de nouvellistes, un homme qui avait joué l'un des principaux rôles de son temps, Antonio Perez, ministre disgracié du roi d'Espagne Philippe II 2. Dans sa première jeunesse, Perez avait vu le grand règne de Charles-Quint, de qui son père, Gonzalo, était secrétaire d'État II devint ainsi facilement, et très jeune encore, ministre de Philippe II, auquel il se dévoua corps et Ame, au point de se faire l'instrument de sa vengeance dans l'assassinat d'Escovedo, secrétaire et confident du frère de Philippe, Juan d'Autriche. Puis, subitement, il tomba du faîte delà puissance dans un abîme de misère, pour avoir osé^se poser en rival du roi, son maître, dans son amour pour la princesse d'Eboli. Il fut disgracié, jeté au fond d'une forteresse, livré au tribunal secret de Castille, mis à la torture, maintenu dans une étroite et longue captivité. Enfin il fut délivré par un soulèvement du peuple de Saragosse, auprès duquel il était resté populaire : délivrance survenue juste à temps, car déjà s'allumait pour lui