Mercier, Entretiens </<■> Tuileries, p
L'Estoile et Rotrou. Plus loin des volières, des paons en liberté,
Dont les divers plumages Delà beauté des fleurs sont les vives images, Exposant leurs miroirs aux rayons du soleil, Comme s'ils eussent dit à leurs chastes femelles : Sommes-nous aussi beaux que vous nous semble/, belles?
Comme dit Collelet dans le prologue, tant admiré par Richelieu, de cette Comédie des Tuileries.
C'étaient enfin les représentations au théâtre de verdure, construit par Louis XIV et dont les gradins donnaient place à des milliers de spectateurs.
Arrêtons-nous aussi au labyrinthe illustré par « les prouesses des amants ». Sauvai, le grave historien de Paris, assure que « si ces cyprès pouvaient parler, ils nous apprendraient quantité de petites aventures qu'on ne sait pas ' ». Les Tuileries étaient en effet le lieu préféré des « jolis rendez-vous d'amour». L'auteur de Y Ambigu d'Auleuil croit même que, dans ce jardin, les bocages donnent aux amants des pensées « dont il serait difficile qu'ils fussent inspirés ailleurs »; surtout l'avanl-midi, quand les promeneurs étaient rares, ce qui laissait une plus grande liberté aux douceurs du tête-à-tête. « Madame, note le docteur Nemeitz, fait alors accroire qu'elle va à la messe. »
Au début du règne de Louis XIII, le jardin ne connaissait pas encore ces « jolivetés ». En ce premier âge de son existence, il était agreste et sauvage. Le jeune roi y prenait des leçons d'équitation et s'y promenait en bateau par les temps d'inondation. Il