‹ Les nouvellistesChapitre 79 sur 139 · Mme d'Oberkirch, Mémoires (éd. 1869). IT · texte numérisé non relu

Mme d'Oberkirch, Mémoires (éd. 1869). IT

ments de bon goût, on badine, on se divertit et l'on cause môme de choses sérieuses. De temps à autre, l'un des promeneurs tire sa montre pour la régler sur l'horloge du château, devenue le chronomètre des Parisiens; tandis qu'assises sur des chaises, au pied d'un arbre, de belles filles attendent l'amoureux de rencontre. Aussi bien elles savent l'arrêter au passage; sinon par le bras, dit Mercier, au moins du regard : attentives surtout vers l'heure de midi, où elles guettent le flâneur qui les conduira chez le traiteur voisin et manquent rarement de prendre quelque naïf provincial dans leurs rets subtils.

« En arrivant au bout de la grande allée des Tuileries, écrit Dufresny en 1699 \ mon compagnon de voyage fut enchanté du plus agréable spectacle qui se puisse présenter à la vue. Il n'y avait que des femmes ce jour-là et l'allée en était toute couverte :

« Je n'ai jamais vu, dit il en souriant, une volée aussi nombreuse! la charmante espèce d'oiseaux!

— Ce sont, lui dis-je, des oiseaux amusants, qui changent de plumage deux ou trois fois par jour. Ils sont volages d'inclination, faibles de tempérament et forts en ramage. Ils ne voient le jour qu'au coucher du soleil. »

Entre les nouvellistes et les jolies nymphes, hôtes assidus des Tuileries, la conversation se nouait. « Voulez-vous, dit le nouvelliste à la dame,

Qu'admirant \ os appas .Ir repasse ici mes nouvelles, En attendant qu'on s'assemble là-bas?

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