l'uris en miniature 1784 - ïO
■1. Dul'resny. Amusements sérieux et comiques [1699), p. 68.
le peloton grossit de manière à faire foule ' ». Si bien que l'on ne tarde pas, comme dit encore Mercier, « à devenir orateur des communes ». A l'époque des guerres contre l'étranger, guerre de la succession (l'Autriche, ou guerre de Sept Ans, pendant l'expédition du prétendant Stuart en Ecosse et quand les insurgent? d'Amérique combattent pour leur indépendance; lors des événements qui font sensation à l'intérieur du royaume, la faillite de Law, le procès Le Blanc, le mariage de Louis XV, l'exil de Chauvelin et celui de Maurepas, l'expulsion du Prétendant, l'affaire Calas, le Parlement Maupeou , les affaires de Bretagne et la résistance de La Chalotais, le procès du Collier, l'impôt du vingtième, — une extrême agitation s'empare des nouvellistes. Les plus ardents montent sur des chaises ou sur les. bancs de bois, orateurs de place publique, annonçant les nouvelles récentes à la foule qui les entoure, avide, ardente, et les commentant avec animation.
Et, comme pour alimenter encore les conversations, des colporteurs vendent, aux portes des Tuileries, les nouveautés fraîchement écloses, pamphlets, brochures, papiers publics2. A tous les passages sont étalées les publications les plus diverses 3.
Les nouvelles lancées aux Tuileries couraient , rapides comme le vent, et comme le vent pénétrant partout, dans Paris. Menin, conseiller au Parlement de Metz, raconte comment, en sortant de chez le maréchal d'AJègre, avec le chevalier de Maras, il s'arrêta un instant aux Tuileries dans un groupe de