‹ Les nouvellistesChapitre 82 sur 139 · Mercier, Entretiens... '1rs Tuileries, p · texte numérisé non relu

Mercier, Entretiens... '1rs Tuileries, p

2. Ravâisson, Archives de la Bastille, XII, 275, ; Les Mânes de M. Métra, p. I.

nouvellistes de profession, où le chevalier imagina un prétendu passage du Pô par l'armée française et qui aurait coûté 1 500 hommes. Impossible d'en douter : ne sortait-il pas de chez le maréchal d'Alègre, où le courrier venait d'arriver? Le lendemain la nouvelle était dans toutes les maisons de Paris. Elle ne fut démentie que le surlendemain, quand on reçut le courrier d'Italie.

L'auteur de l'Ambigu d'Aiiteuil, amusante plaquette imprimée en 1709, dit que le principal rendezvous des nouvellistes aux Tuileries était la place où s'espaçaient des bancs « à l'ombre, autour du rond d'eau », auprès duquel nos gazetiers devisaient, sous le regard blanc de la Lucrèce deThéodon, auprès du groupe tVEne'c cl Anchîse par Le Pautre. Fréquemment aussi ils siégeaient sur un autre banc, fort long, au fond du jardin, à l'extrémité du boulingrin, que l'on appelait à cause de son emplacement, « l'arrière-ban des nouvellistes ».

« Oui étaient ces hommes si heureux d'être ensemble? Il suffisait de les voir pour s'intéresser à eux et d'ailleurs ils faisaient partie des Tuileries aussi bien que ses statues. Tous ils étaient bien vêtus et entre eux d'une grande politesse dans leur familiarité. Ils se voyaient venir de loin, qui du cul-de-sac Dauphine, qui de la porte du Manège, qui du cul-de-sac de l'Orangerie, qui de la Petite-Provence, qui de la grille du Pont-Royal, car, ainsi que les Pythagoriciens, ils s'étaient successivement recrutés de tous les points du monde parisien1. »

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