‹ Les nouvellistesChapitre 88 sur 139 · Salabery, \>. 13, note · texte numérisé non relu

Salabery, \>. 13, note

Alissan de Chazet, qui le raille, nous explique du moins l'organisation de ce bureau de nouvelles. Aux Tuileries, Métra parle généralement assis sur un banc de bois : il s'appuie d'une main sur son jonc à pomme d'or et tient de l'autre sa tabatière en vieille laque. Quand il lui convient de « causer » debout, il met toujours les mains derrière le dos; et sa tête est déjà toute branlante, bien qu'il ne soit pas très vieux ! . A ce mouvement involontaire correspond le frétillement du crapaud de taffetas noir qui enserre l'extrémité de sa perruque. Autour de lui se presse l'assistance, nombreuse, silencieuse, attentive :

Le sot et bénin spectateur Prend pour parole d'évangile Tous les oracles du menteur, Et court bientôt d'un pas agile Rendre et colporter par la ville Les contes bleus du narrateur -'.

Chazet se montre injuste, car Métra était remarquablement véridique; — mais nous lui devons de savoir comment, par la seule bouche du bonhomme, une nouvelle pouvait se répandre en peu de temps dans tout Paris.

Ces fonctions, dont Métra s'était bénévolement chargé, étaient remplies par lui avec une régularité singulière. Il s'y consacrait tout entier. « Il ne recevail ni visites, ni convives et n'a jamais l'ait un compliment à qui que ce fût '. » Ce n'était paségoïsme de sa pari: il avail au contraire un cœur excellent, au point de partager ses revenus, avec un ancien ami des fermes qu'un procès avait ruiné.

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