HISTOIRE !>'UNE COLLINE
«rrlTa à la maison du club ; il monta lentement 1-escalier fM)«r se remettra et se oomposCT un visage. D'une main convulsive il ouvrit la porte et marcha silencieusement vers la table de jeu.
— Ah ! vous voilà, dit M. Saint-Alban , votre absence a été bien longue , mon cher associé. Devinez ce que nous faisons ?
—Nous perdons I dit Lively d'une voix émue.
— Non î sir Lively, nous gagnons cent livres; J'ai joué d'un bonheur inouï. Je donne des revanches à ces messieurs.... L'assemblée de Regent's^Circus est renvoyée à demain; cela me donne du loisir... Si je gagne le rob, nous gagnerons cent quarante livr^... Asseyez-vous donc, sir Lively.
*- Ne prenez pas garde. . .
— Voyons ; tout dépend de ce coup... J'ai trois points... Il me faut les honnmrs, et j'ai gagné; e'est la dernière partie. Nous partagerons cent quarante livres, probablement... De quoi retourne-t-il ?... Du carreau !... c'est ma couleur favorite, Mon mort n'est pas beau : voyons le vtvant.,^ Quatre d'honneurs contre moi!... et le Mék ! J'ai perdu... — Vous me portez malheur, sir Lively î voilà notre bénéfice réduit à soixante livres !...
— Oui, Je vous porte malheur; cela ne m'étonne pas... Continuez, continuez, monsieur Saint-Alban, je vais faire un tour de promenade au parc Saint-James.
•- Voulez- vous tenir mon jeu?
— Non, non; jouez; je suis à vous dans la demi-heure.
— Vous paraissez inquiet, sir Lively?
— Moi; oh! non!... Il fait très-chaud ici... je vais respirer sous les arbres.
128 LES NXHTS ANGLAISES
— Nous irons dîner à Sceptre and Crown à Greenwîch.
— Où vous voudrez, monsieur Saint- Alban. A bientôt*
— Ou à Blœke^Hall, si vous aimez mieux.
Lively était sortL Patrick Tattendaiten estafette devant Saint'Martin'Court.
— Avez-vous les cent cinquante livres? dit-il à Lively.
— Je vais les avoir dans quelques instants... Descends de cheval, Patrick.
— Non, j'irai voir à White-Horse, s'il ne vous est rien arrivé à Wycombe. J'ai recommandé à mon frère de vous écrire sur-le-champ, s'il y avait du nouveau.
— Oui, bien pensé; va, je te rejoindrai ici.
— Ah! monsieur Lively I je voyais bien, moi, que cette pauvre femme se ruinerait; depuis trois mois elle désaltère gratis l'Angleterre et l'Irlande, et il fait bien chaud cet été.
— Pars, cours au Cheapside, mon ami.
— Comme le vent, sir Lively, regardez-moi, je vais écraser les omnibus.
Lively, resté seul, marcha au hasard, pour consommer une demi-heure ; à chaque minute il consultait les quatre cadrans du clocher de Saint-Martin, qui, tous, semblaient avoir arrêté leurs aiguilles sur le même point. H regardait autour de lui pour découvrir quelque existence fiévreuse en harmonie avec la sienne. Autour de lui tout était calme, hommes et maisons. Des ouvriers taillaient des pierres sur la place de Trafalgar ; des cochers dormaient sur leurs sièges; un frotteur polissait la grille à candélabres de fer qui protège les murs de Saint-Martin; les Anglais bâillaient nonchalamment derrière leurs vitres luisantes comme de l'acier poli; les omnibus se croisaient