‹ Les nuits d'hiverChapitre 16 sur 43 · PRINTANIÈRE · texte numérisé non relu

PRINTANIÈRE

L'hiver s'en va; déjà la cloche, Douce comme un chant de cristal, Murmure au printemps qui s'approcho VO filii du jour pascal.

Dans l'air plus doux, les girouettes Tournent au souffle du Midi, Et pour un sou de violettes On fait le bonheur de Nini.

L'hiver au pauvre fut rigide, Il en a compté les longs jours, En mesurant son bûcher vide Quand la neige tombait toujours.

Sa dernière branche allumée Rougit l'âtre d'un pâle éclair; Moitié cendre et moitié fumée, Le vent la dissipe dans l'air.

Pèlerins des grandes mers bleues, Voyez, à l'Orient vermeil, Les oiseaux qui font mille lieues Entre deux levers de soleil.

Cris joyeux et battements d'ailes Oui mettent le ciel en gaîté, C'est le retour des hirondelles, Et c'est le retour de l'été.

Mais depuis la dernière année Les loyers sont bien renchéris.

Un trou noir dans la cheminée Comme un entresol a son prix.

Pourvu que les propriétaires N'augmentent pas en même temps Que tous leurs autres locataires L'ambassadrice du printemps.

Avec la jeune feuille verte Qui sort du bourgeon printanicr Paraît, à sa fenêtre ouverte, Ma voisine de l'an dernier.

Pendant les mois d'hiver, frileuse, Elle n'a pas quitté son nid.

Jadis elle eût posé pour Greuze, Maintenant c'est pour Gavarni.

Page 1