‹ Les nuits d'hiverChapitre 26 sur 43 · LE VIN BLEU · texte numérisé non relu

LE VIN BLEU

Au cabaret des bruyantes barrières, Avec des gens qui n'ont ni feu ni lieu, Et qui buvaient l'oubli de leurs misères Dans les flots noirs du vin qui tache en bleu; Au fond d'un pot de faïence vernie, Plein jusqu'au bord d'une épaisse liqueur, Pour oublier ce qu'il faut que j'oublie, J'ai, l'autre soir, été noyer mon cœur.

Ce n'était pas cette ivresse joyeuse Qui fait sourire à travers les cristaux Le sang pourpré de la vendange heureuse Où la Bourgogne a manqué de tonneaux.

Amère au cœur aussi bien qu'à la bouche, Triste à navrer, douloureux à mourir, Dans cette ivresse inquiète et farouche, Je n'ai pas pu noyer mon souvenir.

ÎS'U

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