‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 13 sur 43 · MARGUERITE · texte numérisé non relu

MARGUERITE

£lle s'appelait Marguerite, Et comme celle à qui jadis Faust allait offHr Feau bénite.

On l'attendait au paradis.

C'était une humble et douce tille Aimant son père et craignant Dieu

Daus plus d'une pauvre famille

Un rappelait l'auge du lieu.

LES xNLlTS D'HIVER.

Gomme Taurore matinale.

Fraîche comme elle, s'éveillant Dans son alcôve virginide.

Elle s'habillait en priant.

Pour unique et simple toilette, Sans riche atour et sans miroir.

Elle ramenait sur sa tête.

En bandeaux plats, ses cheveux noirs.

Puis comme elle avait fait la veille.

Au joug du labeur se mettant.

Cigale en même temps qu'abeiUé, Elle travaillait en chantant.

Mais le vieux refrain de romance

Qu'un vieux poëte avait chanté

FAMAISIËS.

Traversait dans son Innocence,

Sans troubler sa limpidité.

Jusque vers sa quinzième année, Heureuse, elle vécut ainsi.

Qui donc peut ravoir entraînée

Dans le chemin où la voici ?

Maintenant elle est descendue Aux bas lieux de Timpureté; Son alcôve ouvre sur la rue, Ët sou nom est numéroté.

Elle parle un langage étrange, Met du carmin sale, et du blanc A son firent pur que son'bon ange

N'osait effleurer qu'en tremblant.

LES MITS D'HIVEK.

Ëlle s'appelait Marguerite, £t comme celle à qui jadis Faust allait offMr Teau bénite.

On rattendait au paradis.

PHlNTÀMÈHt:

L'hiver a. eu vu; déjà la cloche, Douce comme un chaot de cristal, Murmure au printemps qui s*approcho LO fi m du jour pascal.

Daus l'ail* plus doux, les girouetteî> Tournent au souffle du Midi, £t pour un sou de violettes On lait le bonheur de Nini.

L*hiver au pauvre fut rigide,

11 en a compté les longs jours, En mesurant son bûcher vide Quand la neige tombait toujours*

Sa dernière branche allumée

Rougit rfttre d*un pâle éclair; Moitié cendre et moitié fumée, Le vent la dissipe dans Pair.

Pèlerins des grandes mers J>leues, Voyez, à TOrient vermeil.

Les oiseaux qui font mille lieues Entre deux levers de soleil.

Gris joyeux et battements d*aîles Qui mettent le ciel en gaité, Cest le retour des hirondelles, Et c^est le retour de Tété.

Mais depuis la dernière année Les loyers sont bien renchéris.

Un trou noir dans la cheminée Gomme un entresol a son prix.

Pourvu que les propriétaires N^augmentent pas en même temps Que tous leurs autres locataires L'ambassadrice du printemps.

Avec la jeune feuille verte Qui sort du bourgeon printanier Parait, à sa fenêtre ouverte,

Ma voisine de Tan dernier.

Pendant les mois d'hiver, frileuse.

Elle n'a pas quitté son nid.

Jadis elle eût posé pour Greuze,

\Iaintenant c'est pour Gavarni.

A MA COLSINE ANGÈLE

K l KliN NBS

Nous avons tous les deux laissé derrière nous Une époque où lu vie est bien bonne et bien belle; Je m^en souviens encor, vous en souvenez-vous De notre enfance heureuse? ^ ô ma cousine Angële !

Us sont bien loin ces jours, et déjà bien des fois Les ans nous ont touchés en passant de leur aile;

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