‹ Les nuits d'hiver poésies complètes Henri MurgerChapitre 21 sur 43 · SI TU V£UX ÉTR£ LÀ MADONE · texte numérisé non relu

SI TU V£UX ÉTR£ LÀ MADONE

-Si tu veux être la Madone, Vierge comme elle, 0 mes amours!

Dis un mot, et mon ciseau donne

Au marbre blanc tes purs contours.

Des saintes qu^& Rome pn admire.

Tu seras la plus belle encor,

£t les poètes, pour le dire, Vont préparer leur plume d'or.

A ton gré choisis, ^ marbre ou toile.

Statue ou tableau, dès demain, Pour mettre à ton front une étoile, Mon cœur viendra guider ma main.

Si tu veux être ia Madone^ Dans une châsse de vermeil On viendra t^offHr pour couronne Le lis pur, à ton front pareil; Et, si tu veux, ô ma divine!

Bientôt ton image à Fautel Rendra jalousé Fomarine, La maîtresse de Raphaël.

Sous les piliers de ton église.

Des pèlerins, de loin venus,

Inclineront leur barbe grise

Sur la blancheur de tes pieds nus; »

Et ceux que le bourreau menace,

Guidés par un esprit sauveur.

Viendront chercher asile et grâce

A ton piédestal protecteur.

Puisque tôn firopt toi^ours se voile

Quand je veux y mettre un baiser,

Sur ton image, — marbre ou toiie, «

Ofa) du moins laisse-moi poser!

JLaisse-moi poser, 6 Marie!

Pour baiser, pour sceau radieux.

L'immortalité du génie ; —

G*est un manteau qu^ont mis les dieux.

Si tu veux 6tre là Madone,

Vierge comme elle, ô mes amours!

Dis un mot, et mon ciseau donne Au marbre blanc tes purs contours.

Fitrier 1843.

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