NOËL
Mais avant qu'il eût le temps d'ajouter un mot, avait commencé le chant funèbre. D'une voix presque étouffée par les sanglots , le petit soprano aborda le solo du milieu , malgré lesaccès d'impatience de son frère, qui ne cessait de le tirer par le pan de son habit. Jamais je n'avais entendu chanter cette belle cantate avec plus d'âme et d'ensemble. Mais tout-à-coup la voix du solo resta muette. Les larmes étouffaient et aveuglaient le pauvre enfant.
Tout le monde en fut saisi d'étonnement ou d'inquiétude, et le directeur (en colère ) demanda pour quelle raison ce jeune garçon se mettait à pleurer. Quand il eut appris la cause de ses larmes, il le laissa partir, et confia aussitôt sa partie à un autre choriste.
Le riche passant en pelisse fourrée voulut aussi connaître le motif de cette interruption subite. Quand il en fut instruit, il détourna tristement les yeux, et dit en soupirant : — C'est un fils qui va pleurer au lit de mort de son père y n. 10
— Il y a aujourd'hui un an qu'un père pleurait au Ht de mort de son fils...
Comme ils reposent doucement Dans leur asile sans lumière !
Comme ils reposent doucement Ces bienheureux , profondément Ensevelis dans leur poussière !