‹ Les nuits de BerlinChapitre 3 sur 33 · LA MOÛT D'UN THÉOLOGIEN · texte numérisé non relu

LA MOÛT D'UN THÉOLOGIEN

table, si tu ne cesses pas de nous déckirer les

oreilles — Dieu ! suis-je une femme nialheu -

reuse ! — Ce mendiant de candidat va mourir dans mon estimable maison ; toujours de nouveaux chagrins pour moi !

• — Ah ! ma chère dame Gunthôr, ne m'en veuillez pas, je vous prie , de ce que je ne puis vous payer ce que je vous dois. Vous savez que j'ai travaillé avec assiduité et conscience comme un véritable évangélique. — Néron , Néron , n'aimes-tu donc plus ton premier maître , pour appesantir sur lui la main de fer de la mort ? — Oh ! mon Dieu ! si je pouvais avoir la tête un peu plus haute, il me semble que je respirerais plus à mon aise, et que j'en serais soulagé.

Soudain le chien gratta le sol, leva la tète, ouvrit la gueule, et recommença son épouvantable hurlement.

— Hurle, màtia ! hurle à en crever 1 Je suis sûre que notre petit voisin le fossoyeur, qui reste là dans la rue des MorLs , se réjouit en enten-

dant ton maudit vacarme. Il se dit : — Je vas avoir de la terre h creuser —

— Ah ! madame Gunther, ne pourriez-vous pas me hausser un peu rorcillcr ? O ciel ! mes yeux s'obscurcissent !

— Oh ! maintenant, murmura l'hôtesse entre ses dents, il ramasse la couverture. Gela ne sera pas long, tout sera bientôt fini.

Elle s'approcha du lit ; mais, au lieu d'exhausser l'oreiller du mourant , l'horrible vieille lui arracha cet oreiller et le posa sur ime chaise.

Un ràlement sourd se fît entendre et fut suivi d'un profond silence.

Le chien lui-même cessa de hurler, et courut se cacher derrière le poêle en poussant quelques faibles gémissements.

Aussitôt, l'hôtesse au dos courbe parcourut en se traînant toute la chambre, dont elle alla fouiller tous les coins et recoins ; elle enferma en toute hâte les livres et les papiers du défunt dans un sac de toile; ensuite elle tira de l'alcôve uncha-

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