ET DES COLLEGES ÉTABLIS DANS NOS MISSIONS
Pour faciliter le progrès et le maintien de la foi catholique dans les contrées idolâtres, im des moyens les plus efficaces est d'v former des prêtres naturels du pays : il importe également d'y préparer une source pure à l'instruction des générations naissantes : et c'esl à quoi les missionnaires français sont incessamment appliqués.
1° Le séminaire, de la Chine est absolument détruit depuis 1814. L'unique ressource du Su- Tchuen, pour avoir des prêtres indigènes, est un séminaiie établi dans l'ile de Puno-Pinang 5 mais on craint de ne pouvoir soutenir les dépenses nécessaires au maintien de cet établissement. Le voyage des écoliers, soit pour venir de la Chine à Puno-Pinang , soit pour retourner dans leur pa-
iric, est un objet très-dispendieux. Plusieurs maisons dont le loyer formait le seul revenu du séminaire ont été brûlées en 1822, et n'ont pas encore été rebâties ; il faudrait environ vingt-einq mille francs pour les reconstruire ; et , sans le secours des chrétiens d'Europe, cette pieuse institution ne pourra subsister long-temps. Les missionnaires du Su- Tchuen voudraient pouvoir établir au Tong-King un séminaire de Chinois; il en coûterait beaucoup moins pour les voyages otpour l'entretien des élèves; mais, jusqu'à présent, les fonds leur ont manqué pour exécuter ce charitable projet.
2" Nos missionnaires ont élabh dans le Ton«-
Rinff deux collé<i;^es où l'on enseigne le latin , ainsi qu'un séminaire où l'on professe la théologie. On y compte ordiiiaiiemenl de vingt-cinq à quarante théologiens, cl le nom])re des écoliers catholiques est ordinaireiiicnl de cent -cinquante. 3" Nous avons à la Cocliinchine un séminaire où l'on enseigne la théologie, avec un colége où Ton n'apprend (jue la langue laline. Le vi-
taire apostolique a toujours la crainte de voir tomber ces deux établissements , attendu l'extréme pauvreté de sa mission.
4° Les églises de Siam et de Pondicliéry ont aussi chacune un séminaire où l'on élève les sujets indiens qui peuvent être destinés au sacerdoce. Le premier de ces établissements est à Bancock, capitale du royaume de Siam , est l'autre est à Pondicliéry.
5° Les évéques de la Louisiane ont disposé de la manière la plus analogue aux besoins de leur peuple les éléments de salut qu'ils ont recueillis en Europe, et les secours qu'ils ont trouvés dans la piété de leurs diocésains. Leur séminaire de Saint-Louis contient aujourd'hui cent cinquante élèves. On vient d'établir trois collèges à Saint -Louis , aux Oppelouzas, à la Nouvelle - Orléans ;, à cinq cents lieues de la ville épiscopale ; et des lazaristes de Paris , appelés par monseigneur du Bourg, ont été chargés du régime de ces établissements. On vient d'instituer aussi plusieurs écoles primaires; elles sont
dirigées par ces hiim])les firrcs de la (loctrine chrcùenne , h <|iii le peuple français devrait téiiioiûfncr tant de reconnaissance et de vénéralion ! Plusieurs rt^igieuses du Sacré-Cœur onl: également suivi l'évcquc de Saint-Louis dans les déserts du Xouveau-Monde, et se sont établis au >illage de Fleurissant pour v ti'availler h l'inslruction des jeunes filles. Enfin , la Providence avait inspiré à ce prélat, pendant son séjour en Euro}3C, l'heureuse idée de former une congrégation de pieux artisans bien exercés dans les arts mécaniques et principalement dans l'agriculture. Il v a déjà deux confréries de ce genre h la Louisiane, où l'une déciles est arrivée du Milanais vers la fin de 1819, sous la conduite d'un supérieur ecclésiasti([ue. L'objet de leurs vœux ultérieurs n'est pas seulement la civilisation , mais la conversion des idolâtres; et ces ouvriers évangcliqucs , en attirant les sauvages et leur enseignant les arts de la paix , ont secondé les travaux de nos missionnaires avec une grando efficacité.