LA NOCE A L'ANGLAISE
— C'est uD homme qui s'est assassiné , Monsieur.
— Sait-on pourquoi ?
— Il a mis sur un petit papier que c'était par amour pom' mademoiselle Coraly, qui est une Anglaise.
— Ah ! quand on est capable de se tuer parce qu'on est amoureux d'une ADglaise, il n'y a pas grand perte —
Scribe.
Oh! comme la maison anglaise étincelle!
quelle rayonnante illumination! que de belles voitures attendent devant la porte ! On célèbre une noce ici , sans aucun doute.
h6 NUITS DE BERLIN.
Une bruyante musique fait retentir la salle. Des airs de walse entraînent la foule agitée : c'est la danse du départ. Dans le vestibule , la foule bariolée des laquais s'impatiente en fixant des yeux fatigués sur l'escalier par où doivent descendre leurs maîtres.
Tandis que dans la salle on donnait un libre cours h la commune allégresse , il y avait dans la rue un jeune homme enveloppé d'un manteau, qui montait et qui descendait avec inquiétude, ayant son collet relevé bien haut et son chapeau profondément enfoncé sur les yeux. Son ngilation se calmait par intervalles, il s'arrêtait, écoutait, jetait un coup-d'œil sur ces brillantes fenêtres , et murmurait continuellement des mots qu'on ne pouvait saisir.
A vrai dire , et sans savoir pour quelle raison, cet homme intéressait ma sensibilité plus que ma curiosité.
Tout-à-coup, un autre jeune homme ani\a J'un pas précipité devant la porte. INJalgvé Tatmosplicre embrasée dont il sortait , et malgré la