SCÈNE III
MACREUSE, ROMANY.
Romany.—C'est à moi, monsieur, que vous voulez parler ?
Macreuse.—Oui, à vous-même.
RoOMany (reconnaissant Marreuse).—Ciel ! c’est lui !
MaAcREuUSE.—Eh bien, oui, c’est moi... Je t’ai écrit de venir... d'abord parce que je voulais te voir, et puis, j'imagine que tu dois être à sec. Tiens, prends... (Z{ lui afre un portefeuille).
Romany.—Merci, gardez vos richesses, je n’en veux plus !
Macreuse.—Pourquoi cela ?
Romany.—Pourquoi cela? Parce que vous m'avez menti, parce que le nom que je porte n’est pas mon nom, parce que vous avez fait de moi ce que vous êtes, un aventurier, un gentilhomme de raccroc et de hasard; parce que je suis las de marcher ainsi dans cet ombre pleine d'équivoque et de honte, parce qu’au prix de cet or Je vous obéissais el que je ne veux plus vous obéir.
MACREUSE.—Quoi! une rupture entre nous, Robert, entre toi, l'enfant que j’ai aimé, que j'ai nourri, et moi, qui allai te prendre un jour dans ce petit village de Holstein, où tu vivais aban-
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duané et qui te dis: Tu es orphelin! suis-moi, cer c’est à moi que l’a légué ton père...
Romany (secouant la tête).—Oui, et je vous suivis, et nous errâmes en Allemagne, tantôt vivant dans l’opulence, tantôt dans la misère et les privations. Hélas! je ne comprenais rien encore à ces changements de fortune, et quand ie compris. il était trop tard ! j’eus beau m'enfuir éperdu, épouvante ! vains efforts! J'étais jeune, ardent, altéré de plaisirs, je voulus vivre, vivre quand même, à tout prix! à tout risque |! et quand vous revintes, quand de nouveau vous m'offrîtes, avec votre protection, cet or dont je ne pouvais plus me passer... j’acceptai !.…
Macreuse (à part).—Les liens du sang ont leur :atalité !
RouaAny.—Mais cet or, il a fallu vous le payer; ii a fall, complice aveugle, manœuvre attaché à l'édifice que vous construisez, je ne sais dans
uel but infâine, il a fallu que je misse le pied
ans ceite maison de Flavignan, où m'attendait le plus cruel des affronts! il a fallu que je prisse Lucien, cet enfant que j'aime, et par votre ordre, que je lui ouvrisse le monde nocturne des tripots et des débauches, que ma main lui versât à pleins bords le vin de la démence; et tout cela, mon Dieu, pour aboutir à quoi? à une heure maudite que je devais prévoir, à ce moment où, deviné, démasqné, percé à jour, il m'a fallu courber la tête sous le | qui m'insultait et le geste qui m’a chassé !
MaACREUSE.--Que dis-tu ?
ROMANY. — Oui, chassé, ce matin, par Flavignan, chassé comme le dernier des laquais.
MACREUSE (avec une voix terrible).—Ah ! il t'a chassé ! ettu ne veux pas de mon or ?
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Maci la veng