‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 69 sur 87 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MARIOLLE, POUSSIER, qui arrive lentement par la droite, le long d'une palissade qui règne le long du moulin.

Mariozze (regardant Filoche s'éloigner). — Voilà encore le Filoche parti. Faudrait pourtant pas le laisser rôder comme ça la nuit. (Apercevant Poussier.) Voyons, ne perdons pas de temps... Ton bateau est là... aux Quat’ Saules..… et quand l’autre tombera dans l’eau, v’lan !... tu seras là pour l'aider.

PoussiER.—A en sortir.

MARIOLLE.—Ce n’est pas l’heure de plaisanter. Tu es le meilleur plongeur de la Seine.

PoussiEr.—Oh ! le meilleur ! A force d'aller à l’eau on se rouille... Et puis, je me suis enrhumé ce soir.

MarioLce.—Tu n’as donc plus d’ambition, Poussier ?

Poussier.—De l’ambition? Oh! oui, je voudrais achever ma petite entresol, et y mettre du papier à huit sous le rouleau.

Manrocus, =D bien ?

PoussIER (hésitant)—Si c'était un sauvetage, ça irait tout seul... mais c’est le contraire.

MarioLce.—Comment, le contraire !.. Bêta !..

Figure-toi que c’est un jeune homme de famille

qe a eu de grands chagrins et qui est en dessous e ses affaires.

Poussier.—Oh ! c’est si chanceux, les affaires. (D'un air de profond regret.) Pourquoi qui s’y est mis ?..

MarIorze.—Voilà! pourquoi qui s’y est mis ?

Mais enfin, il s’y est mis... et que de trop.

PoussieEr.—Ah! je comprends! Il voudrait p'têtre se.

MaARIOLLE.—QOui, il voudrait déposer le bilan de son existence.

PoussiEr.—Pauvre jeune homme!

MARIOLLE.—QOui, mais quand on est jeune, on manque souvent de courage ; et une supposition

ue tu serais là... pour l’aider... à avoir un peu e ça. Par le fait, tu le sauves du déshonneur.…

PoussiEr (avec sentiment).—C’est affreux, le déshonneur.…..

Maritozr£.—Parbleu ! et puisque tu le sauves d'un mauvais pas, tu vois donc bien que c’est un sauvetage.

Poussier (à part).Tiens, tiens, il a de la jJugeotte !

MaRiOLLe.—Et dès demain, tu auras de quoi te construire une maison tout entière.

Poussier.—Une maison ?

MaRIOLLE.—Une vraie maison.

PoussiEr.—Une vraie de vraie 7... avec plusieurs étages ?...

MARIOLLE.—QOui, PoussiER.—J’aurai des locataires ?...

ManRIOLLE.—Oui,

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Poussier.—Séducteur ! vous faites de moi ce que vous voulez.

MaRIoLLE (à part).—Allons donc, je le tiens!

(Haut.) Je vais chercher les deux messieurs. (74 entre dans le cabaret.)

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