‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 73 sur 87 · POUSSIER, PUS FILOCHE · texte numérisé non relu

POUSSIER, PUS FILOCHE

Pousster (sortant de chez lui ; il grelotte). - Non, mais... faites donc des sauvetages, des vrais, là, pour de bon!... Voilà bien ma chance ! à tout

coup le plongeon. Voyons, remémorons-nous l'aventure... Je vois le petit jeune homme qui tire sa coupe de longueur... je file sur lui avec la chaloupe, histoire de lui dire: aïe pas peur, nage toujours... il y a des amis... Tout à coup, je ne sais comment, on me chavire, je pique une Sa me sens pincé par la peau du cou...

et v'li, vlan, une pâtée atroce, une trépignée qui me tombe on ne sait d’où, et de je ne sais qui... c'est-à-dire, je le saurai p’t'être ben. car pendant qu’on me battait pique et que je répondais atout, j'ai arraché c't’objet à mon partner. (l tire le médaillon que Macreuse a donné à Romany.) Voyons un peu ce que c'est. (J/ va à la lampe.) Tiens, c’est un portrait, je crois ! (Le Jour vient peu à peu.)

Firocne (au dehors).—Lucien ! Lucien !

Poussier (se retournant). —Hein ? qui appelle ?

t blanchis

parallèleur de l’eau -À droite, ier, Cons- JS t110M, à face, d’un réchée, et le lorg des | lever du

).- Non, vrais, là, {à tout ons-nous nme qui lui avec as peur, Là coup,

Te

Fiocur (entrant par la gauche).—Lucien !!

Poussier.—C'est Filoche ! Il se s’ra ensauvé. Il n’en fait jamais d’autre.

Firocue (les yeux tournés vers la berge). — Je ne le vois pas !

Poussier (allant à lui).—Qu’est-ce que vous cherchez donc comme ça, père Filoche ? La lune est couchée... on ne peut plus vousla donner; ça sera pour demain.

FicocHE (à lui-méme).--Qu’en ont-ils fait ?

qu'en ont-ils fait ?

Poussier.—Ce qu'ils ont fait de la lune? Ils l'ont envoyée se coucher, que je vous dis. C’est pour taquiner la compagnie du gaz.

Fizocue.—Gouffre sombre ! Emportes-tu mon Lucien ?

PoussieR.—Qu’est-ce qu'il dit donc? (// entre dans son réduit et en ressort en robe de chambre,un morceau de pain à la main, qu’il mange en écoutant Filoche). Ben oui, j'aime mieux me voir dans ma robe de chambre que là-dessous. (Z7 montre la ae

Firocue (redescendant un peu).—Pourquoi cette pensée qu'il est mort me fait-elle donc souffrir? Je suis bien mort, moi. (Coup de tonnerre sourd au lointain.)

PoussiEr.—Quand il y a du grabuge là-haut, ça les met en mouvement... Père Filoche, v'là que ça va mouiller... voulez-vous que je vous fasse les honneurs de ma petite cambuse ?

Fi ocne (allant à lui). —Où est Lucien ?

Poussier.— Entrez donc ! c’est gentil, chez moi... Voyez-vous, ma chambre à coucher est au-dessus, à l’entresol. J'ai déserté le rez-dechaussée, depuis une nuit que la rivière a eu

l'idée de quitter son lit pour venir prendre le mien. Ga me donnait de l'humidité... des douleurs rhumastismables par tout le corps.

Ficocne.—Etais-tu des assassins, toi ?

Poussier (vivement). - Chut ! voulez-vous bien ne pas dire de ces vilains mots-là !

FiLocue.—Tu en étais, te me !

Poussier (se fâchant).—Hein ? (C'hangeant de ton.) Que je suis bête !... Les toqués, faut toujours les prendre par la douceur. Ecoutez, soyez sage, attendez ici un peu que l'orage soit passé, et je vous reconduirai moi-même bien gentiment.

Firocae.—Non, je veux aller chercher Lucien !

PoussiEr.—C’est ça, nous allons le chercher.

bientôt... non, non, tout de suite... (A part.) Un jour de la semaine prochaine... oh ! une idée ! faisons lui prendre patience ! (L’attirant à lui en lui montrant le médaillon.) Tenez, v'là une bébelle, avec une image et du doré tout autour. C’est joli, ça. (27 lui passe le méduillon autour du cou.) Seulement faut pas le perdre... ça a une valeur, ça... c’est un objet de prix. (// le fait asseoir près de la table.) Tenez, asseyez-vous là, près de la lampe, pendant que le petit Poussier va voir s’il n’y a pas quelque camarade dans les environs ! là, faut pas faire du chagrin au petit Poussier ! (Sorétant.) Voyons un peu ce qui se passe. (Poussant le cri habituel des gens de la rivière.) Piou, piou, piou, piou, piou ! (Z{ écoute. —Moment de “nd Personne ne repond, ils sont donc tous morts ?.. (Jl est près de la berge,

à gauche, lorsque tout à coup brille un éclair ; tl

aperçoit Romany.) Ah ! qu'est-ce que j'ai vu là ? un homme ? c’est un homme ! c’est-il le petit,

ou c’e seaux.

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ou c’est-il l’autre ? (Z{ écarte une touffe de roseaux.) Hé ! l'ami! l'ami! Il n’est pas trop bavard ! Je crois qu’il n’y a plus qu’à aller ie confier à l'autorité ?

FiLocuE (dans la maison). —Un portrait !.…

FRISE-LINOTTE (au loin).—Piou, piou, piou, piou, piou !

POuSSIER (qui a prêté 2 Le Pier Friselinotte ! j’vas l’envoyer faire la déclaration à la mairerie, parce que là, il y a des st... des mais. des car... des pourquoi, il faut dire ses petits noms, et j'aime pas ça, moi. Oui, mais après tout, il y a une prime, et puisqu'il v a une prime... (D'un ton décidé.) J’vas retrouver le moucheron. (// sort par la droite.)

RoManY (reprend connaissance et cherche à se soulever.) — Oh ! de l’air ! de l'air ! (Z{ finit par se traîner sur un petit tertre, où il tombe assis.)

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