‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 74 sur 87 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ROMANY, FILOCHE,.

FILOCHE (ouvrant la lettre que contient le médaillon).—Une lettre ! Flavignan ! (Z/ lit.) Mon cher Henri, nous sommes perdus. L'empereur a appris ton débarquement sur le territoire français.” (/{ retourne la lettre.) Flavignan ! (/{ la retourne.) Mon cher Henri !.…

Romany (avec un cri de douleur mêlé de jore).— Ah ! je respire !

Firocue.—Henri !... Flavignan !... Oh! ces noms, ces noms tant cherchés ! les voilà ! je les lis, je les prononce ! mon Dieu ! cette lettre, ce portrait ! (// se lève éperdu et sort de la cabane.)

V k V À + LE F = = T : s || Es ær E :

Où êtes-vous, vous qui m'avez donné cela ! Où êtes-vous ?

Romany.—Oh ! soutenez-moi ! soutenez-moi !

FILOCHE (qui l'aperçoit à la clarté d'un éclair). —Ah! cenest pas Lucien. Fe penchant vers lui.) Ah ! je le reconnais !.… je l'ai vu... là-bas. Etait-il avec lui, ou contre lui? je ne me souviens plus.

Romany.—En abordant cette rive, les forces m'ont abrndonné, je suis tombé, je me suis évanoui. Ah ! je respire ! (Regardant Filoche qui est penché sur lui.) Vous! c'est vous ! ai-je rêvé ? N'est-ce pas vous que j'ai vu... lorsque Lucien allait mourir ?

FiLocHE.— Je t'ai demandé si tu étais avec lui, ou contre lui! (Un second éclair les enveloppe.)

Romany.—Encore cette vision! cette ressemblance qui m'a déjà frappé !... Ces traits sont les mêmes que ceux de... (77 ch rche sur lui le médaillon.) Où est-il ? (L’apercevant au cou de Filoche.) Ah! le voilà, le voilà, ce médaillon ! (JU se lève.)

Firocurs.—C'est là ce que vous cherchez?

Romany.—Oui, comment est-il entre vos mains ?

Firocae.—Pourquoi serait-il dans les vôtres.

ce portrait est le mien !

Romany.— Que dit-il ? ô mon Dieu ! ! (Le regardant.) Comment vous appelez-vous ?

Fiocue (avec un geste d’égarement).—Filoche.

Rouany.—Mais, voyons, parlez-moi, n'avezvous pas un autre nom?

Ficocue.—Oui, j'en ai eu un autre, quand je vivais,

Romany.—Et ce nom... c'était ?

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* Ficocue.—Mon nom... c'est. attendez ! tout à l'heure je l’ai lu... je l’ai prononcé. C’est. (On voit sur sa figure les premières clartés d’une raison qui renait lutter contre les dernières ombres de la folie. Enfin il pousse un cri et dit son nom.) :

. C'est Henri ! (Le répétant avec bonheur.) Henri !

Romany.—Henri de Roncevaux !

Firocne.— Oui !... (Avec un cri de désespoir.) O'mes souvenirs ! mes souvenirs !

Romany.—Vous? vous seriez Henri de Roncevaux ! Mais regardez-moi ? regardez-moi donc ! vous êtes mon père !

Fizocue.—Moi! ton père! (Le repoussant.) Non, tu n’es pas Lucien, toi.

Romany.—Lucien ? Oh ! quel trait de lumière! mais Robert, Robert... dites, ne vous souvenezvous pas de Robert ?

Fizocue (le regardant).—Rober! ! Robert !

(Doucement inspiré par ses souvenirs.) Oh ! encore un nom bien aimé ! encore un écho de mon âme! Robert ! encore une she de moi-même qui échappe au tombeau

Romany.— Mon père!

Firocue (avec explosion).—Mon fils! c'est donc toi qui es Robert? oh ! que je te regarde ! Mon Dieu, soyez béni ! Oh! mais je me rappelle tout à présent. Je sens, je pense, je pleure ! js ressuscite à la vie! ma raison se réveille !! Robert, viens dans mes bras ! ;

RoManY (fombant dans ses bras).—Mon père !

“FiLocuE (l'arrétant).—Et Lucien ? qu’en as-tu fait ?... je t'ai vu, je t'ai parlé... là-bas... tu y étais... Caïn, qu’as-tu fait de ton frère ?..

Romany.—Mon frère ! ce serait mon frère ?..

Mon père, mais rappelez-vous mes cris... mon

désespoir. Le ciel me guidait, mon père ! Lucien!... Mais souvenez-vous donc que j'ai voulu mourir pour le sauver !.…

FiLocE (avec un cri de joie).—Oui... oh! je vous remercie... mon Dieu!... Vous les avez conduits l’un vers l’autre, et ils se sont aimés !.. Mais, où est-il ?... Car, c'est mon fils, vois-tu ; du fond des ténèbres où sommeillait mon âme, mon âme s’éveillait à demi pour me le dire.

Tu l’as sauvé, n'est-ce pas !.…. Il garde le silence !.. Il se tait!... Oh ! il est mort !.…

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