SCÈNE II
RENAUD, FLAVIGNAN.
RENAUuD.—Voyons, prenez courage... L'heure approche où nous allons savoir...(A lui-même.) Il faudra bien que cette taune de Bouvard nous dise ce qu’elle a creusé sous nos pieds.
FLAVIGNAN (qui est passé à droite) —Tu ne sais donc pas à quels hommes j'ai affaire !... Déjà le journal du soir annonce comme imminente la retraite du comte de Flavignan. Il parle aussi d’une enquête à propos du dernier contrat... (Z{ se promène avec agitation.)
RENAUD.—Sambre et Meuse ! Allons! allons !
il faut du calme.
FLAVIGNAN.—De ces hommes, je dois tout craindre! Je le vois à présent, ils veulent me faire plier ! C’est qu'alors ils ont des armes terribles ! Te le dirai-je ? Eh bien! j'ai besoin de me rappeler ma vie sans tache, mon dévouement sans bornes, mes actes d’abnégation et d'amour. ed à la France, pour me raffermir contre
e vagues mais insurmontables terreurs !
Renaup.—Chut ! j'ai entendu... (Lucien. a paru sur l'escalier, une lanterne sourde à la main, Il a ouvert avec précaution la porte qui donne dans le corridor, à droite, et on le perd d vue.) Tiens, quel est ce bruit ? |
LAVIGNAN.—Il me semble, en effet... on a
ouvert cu fermé une porte. C’est ici tout à côté.
Le domestique, sans doute. | Renaun.—Le dounestique ? Ce n’est pas le
1omestique. JL vient de sortir par ici... le bruit
est venu de là !
FLAVIGNAN.— Allons, ne vas-tu pas croire aux voleurs, à présent ?
RenauD.—Dame ! ce petit hôtel isolé à l’extrémité de Chaillot, dans un endroit perdu. Oh! mais... si c'était aotre Bouvard qui, prévenu de votre visite et ne voulant pas d'explication, essayait ainsi de rentrer sans être aperçu.
LAVIGNAN.—Cie n’est guère probable.
REeNAuD.—{J’est égal !... il faut que j'aille voir ça. (27 ouvre la porte qui donne sur le corridor et regarde.) Tiens, un escalier, une porte en‘rebaillée, un filet de lumière. Ah ! mon drôle, tu crois nous échapper! Sambre et Meuse ! (77 traverse le palier et entre à droite.)