‹ Les nuits de la Seine [microforme]Chapitre 79 sur 87 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FLAYIGNAN, RENAUD, LUCIEN.

FLAVIGNAN.—Je n’entends plus rien !

LUCIEN (dont on entend la voix).—Abh !

FLAVIGNAN.—Un cri! (Z7 court à la porte.)

RENAUD (Reparaissant et tenant Lucien par le bras, il l'amène dans le salon eï le reconnait). — C’est toi !

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F:AvIGNAN.— Lucien !

RENAUD.—Que viens-tu faire ici?... Qu'est-ce que tu prenais là dans ce secrétaire ? (Z{ lui arrache un papier.)

FLAVIGNAN.—Vous êtes pâle, Lucien, vons chancelez.... Comment ! c’est vous qui venez ainsi dans une maison étrangère, la nuit, en passant par un éscalier dérobé ?

RENAuUD.—Oui, et je l’ai trouvé fouillant dans un meuble, et tenez, voilà ce qu’il y prenait. (2! tend le papier à Flavignan.)

LUCIEN {à part, et avec un geste égaré\.—Je suis perdu Î

FLAVIGNAN (parcourant le papier). —Que voisje ! Un reçu de vov:, enmon nom !

RENAUD.—Qu'es:-ce que vous dites ?

FLAVIGNAN.—Tiens, lis !

RENAUD (lisant).—‘" J'ai reçude monsieur Bou- ‘ vard, pour le compte et au nom de monsieur ‘de datent la somme de deux cent cinquante mille francs...” Ah ça, voyons, je üe rêve pas... j'y vois clair...

FLAVIGNAN.—Quelle est donc cette horrible machination ?

REeNaAuD.—Mais tu savais donc que ce papier était dans les mains de Bouvard, que tu te glissais dans cette maison pour t'en emparer ?

LuciEN.—Oui, je voulais sauver l'hcuneur de monsieur de Flavignan !

FLAVIGNAN (avec hauteur).—Mon honneur n’a que faire de pareils soins, monsieur.

RENAUD.—Ah ça, vous aviez donc autorisé Lucien à signer ce...

FLAVIGNAN.—Ah! c'est toi qui me le demandes, Renaud !

RENAUD. — Tonnerre! c’est vrai! Je perds la tête. Pardon ! ah ! pardon ! pardon!

FLA VIGNAN (avec un mouvement de désespoir).— Oui, mais ce que tu as pu croire un instant, toute la clique de Bouvard le croit ou feint de le croire... et déjà sans doute, elle répand...

(Suffoqué d'égarement.) Mon Dieu ! mais ce que J'ignorais, je le sais à présent; c’est là-dessus que s'appuie le journal qui me menace ce soir, ‘ qui demain va m'accuser en publiant cet

crit.

LucIEN.—Laissez-moi donc l’anéantir !.… Donnez et que nulle trace. |

FLAYIGNAN.—Arrêtez! Ah! je comprends !

vous voulez éffacer un crime par un autre crime. Vous vous introduisez ici comme un voleur, et vous me proposez d’être votre complice !

LucIEN. — Ah | je vous en conjure…

FLAVIGNAN.—=Assez, monsieur |... seulement, un dernier mot... Je ne veux pas croire que vous ayez écrit ces lignes. Ceci est un faux... cela doit être un faux. Je vous demande si vous connaissez l’auteur de ce chef-d'œuvre d’infamie.

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