LES EXILES A FLORENCE
Quand l'heure de l'exil sonne lugubre et lente,
n est une cité, sirène consolante.
Qui, dans l'éclat des jours et la fraîcheur des nuits, '
Ote un peu d'amertume aux intimes ennuis.
C'est Florence : on y vient lorsque l'âme est blessée.
Lorsqu'on subit le poids d'une triste pensée ;
Que le cœur, trop ému d'un souvenir cuisant.
Cherche loin du passé ]f calme du présent.
Terre de doux repos, de gloire et de folie.
Belle entre les cités de la belle Italie,
Voyez-la dérouler sa ceinture de monts
Pour étreindre à la fois tous ceux que nous aimons.
Tous ceux qu'on salua de ce long cri de gloire
Qui s'élança du Nil pour mourir à la Loire;
Ceux qui furent si grands, qu'aux jours de leurs revers,
Un long crêpe de deuil assombrit l'univers.
0 Florence, noble reine !
Qu'à nos exilés chéris Ta lumière soit sereine. Tes jardins toujours fleuris I Que la brise de ton fleuve Porte à quelque illustre veuve Des baumes purs et touchants; Que rharmonieuse ville Lui fasse la nuit tranquille Avec de célestes chants!
0 Florence maternelle
Qui t'attendris à ces noms,
Abrite bien sous ton aile
Ceux dont nous nous souvenons;
Aux exilés sois bien douce.
Sème les tapis de mousse
Et le^ myrtes odorants ;
La nuit, sous de sombres voiles.
Mets ta couronne d'étoiles Sur ceux qui furent si grands.
Qu'elles soient toutes unies, Florence, dans ces beaux lieux.
Ces joyeuses harmonies Qui rendent l'homme oublieux !
Que toute brise qui passe Leur porte, à travers l'espace.
Les airs qui calment les maux; Qu'elle roule son haleine •
Sous les arbres de la plaine.
Et chante dans leurs rameaux!
Gracieuse enchanteresse.
Ville odorante, au ciel pur.
Toi qu'un beau fleuve caresse
Avec des lèvres d'azur ;
De tous ceux que Ton exile
Enchante le noble asile
Par tes fleurs et tes chansons ;
Qu'ils retrouvent à Florence
Un sourire d'espérance
Pour nous Français qui passons.
Après avoir lu ces vers à la noble exilée, je la priai de vouloir bien m'indiquer elle-même le sujet, le titre et le rhythme d'une autre pièce que je m'empresserais de composer sur-le-champ.
— Je veux bien, me dit-elle, avec sa grâce de reine ; voici votre sujet; je porte deux noms dont je suis fière, je
suis la sœur de Napoléon, et la femme de Murât; faitd
une odp là-dessus ; le titre de votre pièce doit être : « Bt^
naparte et Murât, »
Alors, j'écrivis l'ode suivante :