‹ Les nuits espagnolesChapitre 5 sur 41 · CHAPITRE DES ALBUMS · texte numérisé non relu

CHAPITRE DES ALBUMS

Puisque j'ai parlé de l'album de madame la comtesse de Lipona, je crois qu'il est temps d'en finir avec ce sujet qui occupe une grande place dans mes souvenirs de Florence.

L'album est en vogue en Italie : partout il vous arrête au passage, et sollicite une inspiration. Heureusement le pays est fécond en idées, en noms harmonieux, en poétiques souvenirs. Il est plus aisé d'écrire cent vers sur un album d'Italie qu'un quatrain ailleurs. On m'a fait bien souvent l'honneur de me demander quelques rimes improvisées, sur la terre classique des improvisateurs; j'ai été assez heureux quelquefois, non pas pour réussir, mais pour ne pas rester court en chemin; c'est tout ce qu'on

peut demander. En transcrivant sur ce livre quel^esunes de ces poésies, celles que je me suis rappelées, ou dont quelques personnes avaient bien voulu garder copie, j'aurais pu revoir et beaucoup corriger; j'ai mieux aimé les livrer à l'impression avec leurs défauts originels. J'imposais toujourfl une condition aux propriétaires des albums: celle de m'indiquer eux-mêmes le sujet de mes vers : j'étais bien sûr, d'ailleurs, que ce choix, que je laissais à leur disposition, no roulerait que sur l'Italie : Florence, Rome, Naples; ou sur des souvenirs de l'Empire et de Napoléon; c'est-à-dire, la mine la plus riche et la plus facile à exploiter pour un poëte. J'ai déjà inséré les poésies que j'ai écrites sur l'album de madame de Lipona.

Arrivée à Florence.

SUR l'album de madame MABmi.

Dans mes secrets ennuis, je l'ai tant appelée Cette molle rivière et sa fraîche vallée. Paysages si beaux et tant de fois dépeints ; Ces collines d'azur que parfument les pins. Et ce village étrusque où rayonne la tuile. Où s'abrite au soleil l'arbre qui donne l'huile, Où le pieux vallon, caressé par le vent. M'apporte l'ilnp^/itô des cloches du couvent!

Et Florence était là ! sur son fleuve endormie, J'ai voulu l'embrasser comme une tendre amiOi

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