‹ Les nuits italiennes contes nocturnesChapitre 26 sur 47 · LES TOMBEAUX DES SCIPION · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX DES SCIPION

qu'ils auront été déposes ici. Quant à, l'Africain, son tombeau est a Literno ; mais son frère Lucius Seipion, qui B'est battu contre un Anliochus, doit reposer ici : nous trouverons sans doute à côté de lui Seipion Sasica, l'inventeur des clepsydres, et Seipion Émilien, qui brûla Carthage. Jo crois mémo avoir lu quelque part que leurs cousius Tibcrius et Caïus Gracchns ont été inbumés dans un tombeau de famille. Cela no m'étonneraït point, car ces deux malheureux tribuns ont été massacrés tout près d'ici. Ceite campagne funèbre, où nous sommes, serait alors !c seul lot qu'ils auraient retire de leur loi agraire : quelle leçon ! préparons-nous à voir la plus touchante collection de tombeaux qui soit dans l'uuivers. »

Ainsi parlant, nous étions arrivés devant la porte de la ferme tumulaire. Un être, qui ressemblait à une femme, nous y attendait; à cote de ce fantôme sibyllin pleurait une jeune fille de quatorze ans, couverte de lambeaux, do haillons et d'une laideur incomparable. Dès qu'elles surent que Nos Excellences venaient visiter les tombeaux des Seiptons, la jeune fille alluma nonchalamment trois petites nougies, en donna une à chacun de nous, et nous fit signe de la suivre dans une espèce de cellier qui n'était pas celui d'Horace ; il n'y avait qu'un tonneau vidé, et des instruments do vendange d'une haute antiquité.

« — Est-ce bien ici, au moins, le tombeau de la famille des Seipions ? demandai-je à notre guide.

— Oui, Monsieur, me répondit- cl le, nous allons y entrer, i)

Kous entrâmes, en effet, dans une grotte étroite et fort humide : nous en touchions les parois grasses à droite et à gauohe; le sol était glissant; nos bougies ne nous don-

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