S4 LES NUITS ITALIENNES
se donne de telles émotions I L'hymne de guerre, chanté ensuite parles druides, me parut d'une facture originale, et surtout inattendue: le cri guerra! guerra! que je lisais sur le libretto, m'annonçait par une explosion terrible, un fracas précipite d'instruments et de vois, une sorte de Marseillaise druidique: iï n'en est point ainsi: c'est un chant de guerre empreint d'une harmonie sauvage qui court avec une certaine légèreté d'accords, et ne donne ni secousses brusques, ni entraînement. Bellini a réservé tous les trésors de l'excitation pour le trio final du premier acte; là, l'escarpolette se brise, et l'orchestre ■vous lance à cent pieds du ■sol. C'est une situation parfaitement amenée : c'est Pollion qui se trouve placé cuire deux amantes rivales, Adalgisa et Norma. Le trio éclate comme un volcan; lajalousic, l'amour, le désespoir, so serrent, so heurlt-nt, se déchirent, et bondissent avec une furie de passion, qui s'affadirait sous des mots que la seule langue d'orchestre peut parler. Je ne connais que le trio de Hubert et celui de Guillaume Tell qui n'aient r;en à redouter au parallèle du trio de la Norma, si toutefois le final divin de Itobtrt peut être comparé à quelque chose. Un jour, le parterre des Italiens sera sans doute appelé à entendre le chef-d'œuvre de Bellini ; il se lèvera Spontanément d'enthousiasme pour saluer ce trio sublime; le duo d7 Puritani n'en est quele reflet.
Des chœurs ravissants, de beaux duos, de délicieux morceaux d'ensemble, tout cela, magnifiquement accompagné d'une délicieuse orchestration, vous amène d'extase en extase à la péripétie. Cette scène finale est la même que la grande scène du second acte do la Vestale: c'est une prêtresse coupable, condamnée et voilée de