LA H OHM A AU CAR LO-FE LICE
noir; le grand prêtre, seulement, n'est pas farouche comme le ministre do Vesta; les chœurs sacerdotaux ne rugissent pas l'analhème: ce' sont des elTcls tout différents. On n'est pas frappé de terreur, on s*ahanflonne à une pitié douce; on pleure, le théâtre entier pleure; je n'ai jamais vu plus (l'attendrissement devant une catastrophe dramatique : et il n'y a pas de sang, de poignard, de poison, de cris d'agonie: ce sont des scènes simples et pathétiques que l'orchestre accompagneenplcurant, avec des notes créées pour Norma : c'est un mélancolique et déchirant dits irœ dont tous les accords brisent l'âme, mouillent les yeux, hrûlent le visage d'émotion. Dans ce flot d'harmonie dolente éclate par intervalles une plainte sublime qui tinte et meurt comme un son de glas, et mêle ses dernières vibrations au funèbre chœur des druides. Une désolation calme et religieuse environne cette scène comme un crêpe diaphane semé de quelques fleurs. Le pardon est à coté du crime, la grâce à côlé de la mort, le baume consolant à côté du désespoir. Ainsi s'éteint lo drame, ainsi Norma tombe aux genoux du prêtre paternel, au milieu d'une plaintive atmosphère de deuil. Quand le rideau descend, tons les visages sont humides; on regarde avec tristesse l'orchestre muet; on écoute encore les chants expirés, l'âme est tant émue, que les mains oublient d'applaudir.
Quel souvenir de rève le lendemain, lorsqu'appuyé sur le balcon du Sully, on aperçoit les cotes de France, la tôte pleine encore des lamentations de la Norma !
Yoici l'hiver, co triste fils de l'automne : il faut quitter la campagne et la chaise de poste; il faut rentrer à Paris pour se recueillir dans la dissipation et s'isoler dans la foule. L'hiver est partout un vieillard mythologique assis devant un brasier; à, Paris, c'est un grand jeune homme, lestement vêtu, qui ne met jamais les pieds sur la neige, qui ne souffle jamais sur ses doigts, et qui retrouve, dans un monde nouveau,' un autre soleil, une autre verdure, d'autres parfums, d'autres plaisirs, d'autres fleurs. Quand on sort de voyage, aux approches de l'hiver, on éprouve vainement une volupté intérieure en entrant à Paris; il semble quela grande ville vous envcloppedc son immense manteau et vous réchauffe de l'haleine de son million