BUFFALO
§ 3 La Holy Angels' Church.
Dès le mois d'octobre 1852, les Pères transformèrent en église publique l'une des bâtisses existant sur leur terrain. Mgr Timon leur accorda les droits paroissiaux. Dédiée aux Saints Anges, la Holy Ariff^els' Church fut le théâtre d'un bien immense opéré au sein d'une population qui, avant l 'arrivée des Oblats, souffrait d'une extrême misère spirituelle.
Buffalo. — Église des Saints-Anges et maison des Oblats.
L'accroissement constant des fidèles nécessita bientôt la construction d"un temple plus vaste. Durant l'été de 1856, on en jeta les fondations. Trois ans après, l'évêque diocésain, assisté de Mgr Guignes, bénit solennellement l'édifice, le 10 mai 1859, deuxième dimanche après Pâques, en présence d'une foule recueillie et satisfaite.
Longue d'une cinquantaine de mètres et large de \'ingt. cette église, d'améliorations en améliorations, devint vraiment belle avec ses trois nefs.
son transept, ses voûtes romanes surbaissées, mais élégantes, ses piliers et ses colonnettes dorées, son pavé en mosaïque, ses magnifiques peintures, son orgue puissant et le maître-autel qui est fort riche. Deux jolies tours achèvent la façade principale. On y ajouta, dans la suite, de grandes sacristies et des salles spacieuses pour les catéchismes.
De l'avis unanime, la paroisse des Saints-Anges est actuellement, sous tous rapports, une des plus remarquables de Buffalo.
Simultanément, les Oblats procuraient aux enfants des classes laborieuses une école qu'ils confièrent aux Sœurs Grises d'Ottawa. Six d'entre elles s'y installèrent, le 29 octobre 1857. A la fin de la première année, elles avaient déjà deux cents externes, et d'autres s'annonçaient.
— Il nous faudra bientôt songer à leur bâtir un couvent aux proportions plus amples, écrivait le P. Chevalier, le 27 décembre 1858. Outre l'éducation chrétienne qu'elles donnent, elles se dévouent, en visitant, à domicile, les pauvres et les malades du quartier.
§ 4 Jffissions dans les milieux anglais.
Débarrassés des soucis du collège, les Pères prêchèrent aux populations de langue anglaise de nombreuses missions et retraites. Toutes furent couronnées de succès ; mais elles étaient extrêmement fatigantes. Du matin au soir, se suivaient les exercices ; puis, commençaient les confessions des hommes qui duraient jusqu'à onze heures et minuit.
Des protestants venaient, d'ordinaire, entendre les instructions. Plusieurs se convertirent et reçurent le baptême.
— En maints endroits, écrivait le P. Chevalier, le 5 janvier 1856, l'enthousiasme général est monté à tel point, que le clergé n'était pas moins subjugué que les simples fidèles. Le bruit de ces triomphes apostoliques se propageait au loin, et les prêtres demandaient à l'envi des missions. L'un d'eux, curé d'une ville de douze mille âmes, consterné d'un refus que nous dûmes lui faire, attendu que nous étions déjà engagés pour tout l'hiver, nous déclara que, s"il ne certifiait pas immédiatement notre arrivée à ses paroissiens, son peuple se révolterait contre lui. Nous avons donc accepté, quittes à prolonger les travaux de cette campagne bien ])lus que nous ne l'avions prévu.
— Vous décrire une de ces missions, dit le même Père dans une autre lettre, c'est vous les décrire toutes. Inutile de nous préoccuper du succès : il est assuré. En moyenne, nous avons ainsi plus de dix mille communiants, chaque année. Durant la mission, tout ce qu'il y a de catholiques dans le pays, s'approche des sacrements. Les exceptions, quand on en signale,