‹ Les Oblats de Marie Immaculée durant le premier siècle de leur existence (volume 5)Chapitre 16 sur 49 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Notre-Dame de Pontmain

§ 1 Tin rayon d'espérance dans le ciel assombri.

Établie sur les hauteurs qui dominent la Sarthe, dans les environs du Mans, l'armée de la Loire, commandée par le général Clianzy, y fut attaquée, le 10 et le 11 janvier 1871. par l'armée entière du prince Frédéric- Charles, Pendant deux jours, elle tint bon ; mais, obligée de céder le terrain devant des forces supérieures, elle dut, après quarante-huit heures d'efforts héroïques, se résigner à battre en retraite vers l'Ouest.

Six jours après, le 17 janvier au soir, les Prussiens se trouvaient près de Laval, oîi ils se proposaient d'entrer, le lendemain ; et, comme cette ville était classée parmi les cités riches, ils l'avaient taxée, à l'avance, pour une contribution de trois millions de francs.

En ce même moment, dans le petit village de Pontmain. à l'extrémité septentrionale du déj^artement de la Mayenne et du diocèse de Laval, la Sainte Vierge se manifestait à quatre enfants, autour desquels les habitants, attirés par le brviit du jirodige, s'étaient rapidement assemblés.

Au-dessous de l'apparition merveilleuse, sur une large bande d'une éclatante blancheur, une main invisible traçait lentement, en beaux caractères d'or, ces paroles consolantes :

Mais priez, mes enfants ; Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher.

A la même heure, le même jour, une foule de pieux fidèles, accourus de tout Paris et remplissant l'église de Notre-Dame des Victoires, faisaient publiquement et avec solennité un vœu, pour obtenir, par l'intercession de la Sainte Vierge, la cessation de la guerre fatale qui désolait la France.

Séparés du reste du monde par le blocus qui enserrait la capitale, ces chrétiens ignoraient évidemment ce qui se jiassait à Pontmain.

Mais, comme si la Sainte Vierge eût voulu que l'on comprît bien, plus tard, dès qu'on pourrait comparer les dates, qu'elle avait pour agréable

L'apparition de Pontmain.

Au bas, la foule groupée autour des voyants, devant la grange, en face de la maison, au-dessus de laquelle la Sainte Vierge se montrait.

cet élan des cœurs oppressés par la plus terrible des angoisses, elle terminait l'annonce prophétique de la délivrance prochaine, à l'instant même où ces fidèles finissaient de formuler leur vœu, le soir du 17 janvier, à huit heures trois quarts (1).

Des vœux analogues étaient faits à Saint-Brieuc, à Rennes et à Laval, pour la délivrance de la France, et, en particulier, pour la préservation des provinces de l'Ouest, le Maine et la Bretagne, si fortement menacées par la marche en avant des Prussiens, depuis les échecs de l'armée de la Loire, sur les hauteiu's du Mans.

Le vœu de la ville de Saint-Brieuc fut aussi formulé exactement, le 17 janvier 1871 ; ceux de Rennes et de Laval, vers la même époque, à quelques jours seulement d'intervalle.

Or, le 17 janvier au soir, le général Schmidt, commandant le corps d'armée allemand chargé d'envahir les provinces de l'Ouest, disait à Mgr Fillion, évêque du Mans, dans le palais épiscopal duquel il s'était installé :

— Mes troupes, en ce moment, sont à Laval.

En réalité, elles n'y étaient pas encore, puisqu'elles n'y étaient pas entrées, et campaient simplement dans les environs.

Tandis qu'elles se proposaient d'en franchir les portes, le lendemain, 18 janvier, des ordres supérieurs et inattendus, émanés du grand étatmajor résidant à Versailles, venaient déjouer les plans du général qui avait ainsi parlé à l'évêque, et suspendaient tout à coup les hostilités.

Laval était épargné, et les régiments prussiens se retiraient, le 20 janvier, pour se replier dans la direction de l'Est.

Dix jours après l'apparition de Pontmain, le 27 janvier, les parties belligérantes concluaient un armistice, prélude de la paix définitive.

La Sainte Vierge n'avait donc pas fait une promesse vaine, quand elle avait voulu que fût tracée dans le ciel, aux yeux des voyants privilégiés, cette phrase consolante :

Dieu vous exaucera en peu de temps.

Il nous suffira de signaler ces coïncidences mystérieuses. Comment n'en être point frappé ?

Le récit détaillé de l'apparition et l'exposé des preuves qui en rendent

(1) Cf. Abbés Barges et Amodru, Notre-Dame des Victoires et Pontmain, le 17 janvier 1871, in-8'\ Paris, 1891, ou Vœu à Notre-Dame des Victoires, le 17 janvier 1871, de huit à neuf heures du soir, et coïncidence avec Vévénement de Pontmain, brochure extraite de l'ouvrage intitulé : Notre-Dame des Victoires pendant la Commune, in-8 ', Paris, dont la septième édition parut aussi en 1891.

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