NOTRE-DAME DE PONTMAIN
incontestable le caractère surnaturel et divin, nous entraîneraient trop loin. On trouvera l'un et l'autre dans les ou\Tages spéciaux, très documentés, que nous indiquons en note, ainsi que dans le remarquable Mandement jjublié à ce sujet, le 2 fé\Tier 1872, après plusieurs enquêtes canoniques très longues et très sévères, par Mgr Wicart, évêque de Laval (1).
D'ailleurs, des miracles éclatants ne tardèrent pas à montrer que celle aux pieds de laquelle, sur la blanche banderole, resplendirent en lettres d'or ces paroles : « 3Ion Fils se laisse toitcher », était \Taiment l'Immaculée Vierge, Mère du Verbe Éternel.
Dans les humiliations et les catastrophes qui. alors, affligeaient la France coupable, il fallait donc reconnaître la main de Dieu, plus encore que celle des hommes.
La \Taie cause de ses malheurs fut son impiété. Le vrai remède eût été son retour aux pratiques religieuses.
Ah ! si tous les Français, la plupart, du moins, l'avaient compris !...
Concours des foules.
La nouvelle du prodige se répandit à Pontmain avec la rapidité de réclair. Si évidentes étaient les preuves, qu'on n'aurait pas rencontré, dans toute la paroisse, un seul incrédule.
Depuis lors, chaque soir, même des villages voisins, les fidèles accouraient à l'église trop petite pour les contenir. On récitait le chapelet, et l'on chantait des cantiques en l'honneur de la Sainte Vierge, avec une ardeur qui émouvait jusqu'aux larmes les nombreux assistants.
En sortant de l'église, chacun interrogeait les cieux, pour décou\Tir si, tout à coup, la céleste vision n'allait pas reparaître.
Des pèlerins venaient des diocèses limitrophes, de Rennes, de Coutances, de Séez, et même de plus loin.
Beaucoup de personnes, incrédules d'abord, ou attirées par un simple sentiment de curiosité, se déclaraient ensuite convaincues.
L^n récit de l'événement, publié avec Vimprimatur de l'évêché de Laval, fut recherché avec tant d'empressement, que plus de vingt mille
(1) Cf. R. P. Berthelon, O. M. I, Notre-Dame de Pontmain, \n-8'' Paris 1891, ouvrage approuvé par plusieurs archevêques et évêques. — L. Collin, Notre-Dame de Pontmain. Sonmessage à la France, in-8", Paris, 1894, avec lettres approbatives du R.P. Monsabré, Prédicateur de Notre-Dame de Paris, et de M. Henri Lasserrc, l'historien si distingué de Notre-Dame de Lourdes. — L'apparition de Notre-Dame de Pontmain, récit d'un voyant devenu prêtre et Oblat de Marie Immaculée, le R. P. Joseph Barbedette. Ce récit très attachant a paru, d'abord, dans les Annales de Notre-Dame de Pontmain.
exemplaires, en quelques mois, se trouvèrent disséminés sur tous les points de la France, tandis que la presse étrangère en multipliait les traductions en Suisse, en Italie et en Angleterre,
— Pendant ce temps, dit Mgr Wicart dans son Mandement du 2 février 1872, la foi des peuples et leur confiance croissaient et s'étendaient de plus en plus. Des paroisses entières, pasteurs en tête, venaient solliciter des grâces de tous genres, et s'en retournaient consolées. Il y avait jusqu'à vingt, trente et parfois cinquante messes par jour, et des communions en grand nombre. Des visiteurs de toutes conditions, des familles, des personnages considérables écrivaient leurs noms sur les registres du pèlerinage, demandant, avec insistance, qu'on élevât en ce lieu béni un édifice à la Sainte Mère de Dieu, et laissaient, en signe de reconnaissance pour des bienfaits obtenus, des offrandes destinées à concourir à l'érection du monument désiré.
A la vue des prodiges accomplis, on ne pouvait douter, en effet, que Dieu n'encourageât ce projet, tellement les grâces et les guérisons miraculeuses étaient abondantes.
Rien ne semblait devoir interrompre ce mouvement des foules.
Pontmain était devenu un centre de merveilles qui, dans la piété des peuples, allait prendre une place analogue à celle de la Salette et de Lourdes.
§ 3 "Les Oblats à 'Pontmain.
Désireux d'organiser d'une façon stable le pèlerinage dont l'importance croissait sans cesse, Mgr Wicart conçut le projet de le confier à une communauté religieuse.
Toujours plein de bienveillance pour notre Congrégation que, depuis longtemps, il appréciait, dès le mois de mars 1872, quelques semaines après la publication de son Mandement sur l'Apparition, il demanda au R. P. Fabre de lui accorder une colonie de ses Oblats.
La proposition fut acceptée ; mais on convint que les Pères n'arriveraient qu'après la mort de M. Guérin, curé de la paroisse depuis trentecinq ans, et alors très gravement malade.
Ce prêtre vénérable ayant rendu son âme à Dieu, tout se prépara pour l'installation des Oblats que Mgr Wicart tint à présider lui-même, le 1er octobre 1872.
A propos de cette cérémonie, la Semaine religieuse de Laval disait, le lendemain :