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ment, après ces combats intérieurs, sont d'autant plus agréables pour moi que ce sont les seuls moments où je suis en sûreté contre les retours de l’idée obsédante.
Dès que le calme est revenu dans mon esprit et que je reprend mon activité habituelle, l'obsession peut encore se produire, la lutte dure moins cette fois, car je suis aussi moins en état de lui résister. Elle se répétera ainsi plusieurs fois après un court répit ».
Pendant plus de deux mois, il a eu chaque jour un nombre d'obsessions relativement considérable. Chacune d’entre elles formant une série de 5 à 6 petites crises, allant en s'atténuant. Entre chaque crise il conserve une légère anxiété, se demandant toujours si l'obsession ne va pas recommencer. On comprend quelles causes d'épuisement et de dépression doivent être pour l'organisme ces luttes qui mettent en éréthisme le système nerveux tout entier. Il perd le scmmeil et l'appétit, son caractère change complètement, il devient irrascible, irritable. Pendant longtemps il peut cacher ses crises à ses parents qui ne savent à quoi attribuer son état d'énervement. Comme les crises durent peu, il continue à travailler. Si elles surviennent au milieu de sa tâche, il s’arrête quelques instants et la reprend « dès que la rafale est apaisée ». Il imagine mille moyens de défense, tous plus ingénieux les uns que les autres, et enfin, ne sachant plus comment s'en débarrasser, il demande à étre hypnotisé, bien que cette méthode lui répugne fort, car il voudrait triompher par sa propre volonté. Il finit même par songer au suicide. « Si je n'avais pas eu des principes, je me serais suicidé, tant cette lutte sans issue me paraissait insupportable ».
Son médecin lui conseille un séjour à la campagne, une cure hydrothérapique et un repos absolu. Il va à Salies-de-Béarn (bien que cette station balnéaire nous paraisse plutôt contre-indiquée pour son état). La vie en plein air, le calme cérébral dans un milieu où il fut moralement très entouré, agirent efficacement. Les symptômes douloureux s’amendèrent, il se fortifia et après un long congé il fut à peu près remis de sa neurasthénie. Les obsessions mirent plus de temps à disparaitre. Cependant les crises diminuérent de fréquence, leurs paroxysmes devinrent moins pénibles et les idées obsédantes se modifièrent et se transformèrent. Entre les obsessions, il n'éprouva plus ce sentiment de crainte, angoissant et douloureux, connu sous le nom d'attente anxieuse, qui le faisait constamment se demander si l'obsession n'allait pas revenir. Dès que son émotivité pathologique
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fut un peu calmée, il finit par ne plus s'occuper outre mesure de ses crises : « J'évitais d'y songer et les traitais par le mépris ».
Il vint à la clinique de M. le professeur Rémond, et, comme il était fort intelligent, il étudia son cas avec beaucoup de soins et essaya de faire sur lui-même de l’auto-psychothérapie.
C'est grâce aux analyses très précises de ses états psychologiques, que nous avons pu étudier avec quelques détails les diverses phases de la crise obsédante dont nous avons pu confirmer l'exactitude par une petite enquête auprès d’autres malades.
Tout en se soignant, il se remit peu à peu au (ravail. Les crises obsédantes s’espacèrent de plus en plus et au bout de 7 à 8 mois disparurent complétement. « Ma guérison fut tellement insensible que je n'aurais pas pu dire à quel moment exact j'avais été guéri. » Il conserva quelques temps après sa guérison la crainte que ses obsessions réapparaîtraient, mais il n'en fut rien.
Il a continué à travailler beaucoup et occupe aujourd'hui une situation qui nécessite un grand effort intellectuel. Il n'a pas eu de rechute.
Il m'a paru intéressant de savoir si pendant la crise obsédante les perceptions n'étaient pas modifiées. Malheureusement l'expérimentation n'est pas facile, car les obsessions ne sont pas sous la dépendance de la volonté du sujet qui ne peut pas plus les provoquer qu'il ne peut les faire disparaitre. On peut quelquefois produire la crise en employant des moyens détournés. Chez les hystériques, il suffit de provoquer une émotion légère qui rappelle de loin l'émotiôn première qui à été la cause des obsessions. Presque tous ces malades ont en outre ce que nous appelons des « idées obsessiogènes ». Il suffit qu'ils évoquent certains souvenirs ou certains objets pour faire naître immédiatement leurs obsessions. Chez les neurasthéniques, ces moyens ne réussissent pas. Lorsqu'on veut favoriser chez eux le développement de la crise, il suffit de faire assoir le sujet dans une salle éloignée de tout bruit et de lui demander de garder pendant un certain temps l’immobilité et le silence le plus absolu, en lui recommandant de s’efforcer à ne penser à rien. Très souvent, pendant cette absence de distractions extérieures, les obsessions se produisent. Malheureusement l'expérience ne réussit pas toujours et, même lorsqu'elle réussit, 1l n’est pas facile d'étudier le phénomène car la
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STE noindre intervention, par la distraction qu'elle provoque, fait dispaaître ou modifie la crise. Les expériences qui ont le plus de chance le Succès sont celles où l'on demande peu d'efforts intelligents de la art du sujet et où l'intervention de l'expérimentateur est réduite au ninimum.
Nos expériences ont A sur l'odorat, la FE cutanée, le hamp visuel, le champ auditif, etc.
Pourl'odorat, j'ai usé du procédé de M. Passy, légèrement modifié. lai commencé à déterminer par tâtonnements, le minimum d’acuité ensible normale de l'odorat, à l'aide de flacons contenant des diluions plus ou moins étendues de substances odorantes (éther ou ssence d'aspic). Je débouchais à une distance connue (3 mètres) lu sujet, celui-ci me tournant le dos. Ce chiffre obtenu, je notais le legré de la dilution et le temps qui s'écoulait à partir du moment ù je débouchais la bouteille et celui où l'odeur était perçue par lui. acuité sensible était à peu près la même avant et pendant la crise, naïis le temps mis à percevoir le parfum était plus long pendant la rise.
Pour la sensibilité cutanée, les moyennes des diverses mensuraions prises avec le compas de Weber avant la crise nous ont donné s chiffres suivants : face dorsale de la main (2,4), face palmaire 1,2), cou (2,5), front (0,7; lèvres (0.2), pulpe da médius (0,2), etc. endant la crise il semble que quelques-uns de ces chiffres sont augientés : face dorsale de la main (2,6), face palmaire (1,4), ete. Mais ne faut pas attacher une trop grande importance à ces chiffres, ar on sait combien les résultals de ces sortes de mensurations sont ariables chez un même malade. Ce qui est plus net, c'est la dimiution pendant la crise de la sensibilité à la pression qui peut être ppréciée, soit avec un œæsthésiomètre à ressort, soit en appuyant lus ou moins fort sur le compas de Weber.
Le champ visuel est normal chez Nathaniel, comme chez presque jus les neurasthéniques. Sous l'influence d’une idée obsédante, il rétrécit de 5 à 8 degrés (voir Rétr. planche IF, fig. 1); mais ce trécissement n'est pas supérieur à celui qui se produit chez tous s sujets dont on fixe fortement l'attention. Il n’y a donc pas lieu de considérer comme pathologique, ni même comme un rétrécisseent proprement dit.
En résumé, toutes ces expériences semblent confirmer ce que Jus avions déjà établi au point de vue psychologique, à savoir que
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la crise obsédante produit des résultats analogues à ceux de l’attention forcée.
OBsERvATION II
Miriam.., 18 ans, parents en bonne santé, grands-parents nerveux (?).
Coqueluche et rougeole pendant l'enfance. Réglée à 11 ans 1/2. Pas de manifestations nerveuses autres qu'une émotion un peu exagérée.
Aimant beaucoup l'étude, elle quitte la campagne à 16 ans pour venir préparer dans une grande ville le brevet d'institutrice. Elle se surmène beaucoup et, au bout de 3 ou 4 mois de grand travail, ressent une fatigue nerveuse qui se traduit par des pensées pénibles». Pendant ses leçons de couture ou de piano, l’idée de la mort et celle du suicide se présentent subitement à elle avec une grande intensité.
Elle lutte contre cette idée, mais elle est si vive à certains moments qu'elle l'oblige à interrompre son travail. « Je me demandais comment une pareille idée pouvait naître chez une personne raisonnable, et presque aussitôt je fus effrayée à la pensée que je pourrais bien la mettre à exécution. Une multitude de cas de suicide se présentaient à mon esprit et le nombre de ces désespérés me parut si considérable qu'il me sembla impossible de ne pas en faire partie un jour ou l’autre. Voulant me ressaisir, je raisonnais avec moi-même ; on eu dit que je me disputais avec l'idée absurde; et pourtant je senjais qu'elle était tout à fait irrationnelle !
Pourquoi craindrais- -je de mettre fin à mes jours? Je suis heureuse etn'ai aucune raison pour le faire et, à moins de devenir folle, je ne pourrais jamais commettre un pareil acte de lâcheté qui ferait mourir de chagrin mes pauvres parents ? Quand ces pensées m’envahissaient, j'avais peur de vouloir me tuer malgré moi, et je me surprenais à repasser par avance toutes les manières que j'aurais pu employer pour terminer mes jours sans trop de souffrance. Me jeter par la fenêtre? Me pendre ? Avaler du poison ? Quand j'étais dans ma chambre, je n'osais pas me mettre à la fenêtre de peur de sauter en bas. Dans le jardin, je néloignais de la citerne. En ville, je fuyais les voitures et les tramways par crainte de me jeter sous leurs roues. Je
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fuyais surtout les bords des quais, car la vue seule de l'eau aurait réveillé mon obsession, etc., etc. »
« Dès que je sentais venir l'idée, je cherchais à me distraire ; mais je ne réussissais pas toujours.J'étais alors angoissée comme si j'avais eu à lutter contre un ennemi véritable, mon cœur battait, je devenais rouge, puis tout à coup l'idée disparaissait et je retrouvais mon calme d'esprit. Plusieurs fois par jour j'avais de ces petites crises. Elles duraient peu mais se produisaient trop souvent à mon gré. Entre elles je retrouvais heureusement mon état normal. »
Quelques semaines après, des symptômes neurasthéniques se déclarent ; céphalées, légers vertiges, insomnies. Les fonctions stomacales, jusqu'alors parfaites, s’altèrent à leur tour. Elle a de l'inappétence à laquelle vient se surajouter une dyspepsie flatulente bien caractérisée. Elle perd plusieurs kilos. Elle devient morose, irritable, prend en aversion sa famillle, ete, etc. Envoyée en traitement à Vichy pour sa maladie d'estomac, puis à la montagne pendant deux mois, ses symptômes neurasthéniques s'amendent et ses obsessions disparaissent peu à peu. Elles n'ont plus reparu depuis lors.
Ce qu'il y a d'inféressant dans cette observation c'est de voir les obsessions précéder de plusieurs semaines les manifestations neurasthéniques aiguës.
HN ne.