Pitrf.s, Leçons sur les aphasies amnésiques
LES AGITATIONS MENTALES
sont aussi des amnésies partielles d’évocation. II y a quelque chose de plus, non seulement les malades évoquent mal, mais ils sont poussés à évoquer perpétuellement. En plus de l’amnésie d’évocation il y a impulsion à l’évocation : ce ne sont donc pas uniquement des obsédés, ce sont des impulsifs. Ce détail est intéressant au point de vue psychologique, car il nous montre que l'évocation est un acte et qu’il peut y avoir des impulsions pour cet acte comme des impulsions pour le vol ou l’incendie.
Nous pouvons chercher, maintenant que nous avons compris le symptôme, comment il s’est produit chez cette pauvre femme. L’origine de ces impulsions bizarres est toujours délicate il comprendre. Il faudrait étudier en détail toute la vie de ces malades. Nous sommes forcés dans le cas présent de nous guider par des suppositions vraisemblables. Nous ne voyons rien de bien net chez les parents, mais nous savons qu’une sœur est morte à l’asile de Villejuif. Cette femme Hg... sans être malade a toujours été très émotive. Il est intéressant d’observer qu’il n'y a eu ni crises de nerfs, ni idées fixes avant ces quatre dernières années.
Tout a commencé quand les règles se sont écartées, c’est-à-dire au début de la ménopause, de même que souvent ces obsessions commencent à la puberté. A ce moment, nous remarquons différents incidents qui peuvent avoir joué un rôle dans cette recherche curieuse. D’abord son mari se conduisait mal, elle fut jalouse et se mit à l’épier. Elle croyait le reconnaître dans la rue et s’interrogeait déjà sur les ressemblances du figure. Cette première obsession de jalousie se guérit assez bien.
Une seconde circonstance est plus bizarre : on bâtit un mur dans la cour de sa maison en face de la fenêtre de sa cuisine et cela lui cacha en grande partie la vue de la cour en face. De là, chez une bonne dame curieuse, un grand ennui : entendre du bruit derrière le mur sans savoir ce que l’on faisait, vous comprenez que c’est intolérable. Différents détails de même genre l'ont amenée à rechercher pour satisfaire sa curiosité.
Chez des individus faibles de volonté, les actions ne peuvent pas plus s’arrêter qu’elles ne peuvent commencer, et la préoccupation de la recherche devint continuelle et fut provoquée par tous les sujets. Espérons que la fin de la ménopause pourra continuer à modifier ce caractère.