DEUXIÈME SECTION LUS ÉTATS ABOULIQUES
Les troubles mentaux qui étaient déjà en germe dans les observations précédentes se développent dans les suivantes et constituent de véritables insuffisances psychologiques.
Observation 8. — Neurasthénie. — Dysesthésies, troubles Je la. digestion, troubles des sécrétions, aboulie, tics.
Chez cet homme de 53 ans, Qk..., il nous semble que Létal neurasthénique commence à se compliquer un peu et que des perturbations morales légères s’y ajoutent.
La mère de ce malade a déjà été très nerveuse et a eu des crises de nerfs, probablement de nature hystérique. Une sœur du malade est très nerveuse et semble être tourmentée par des obsessions.
Qk... a toujours été lui-même un névropathe, dès l'âge de dix ans il est arrêté par des douleurs dans les membres et particulièrement dans les pieds qui l’empêchent de marcher pendant des semaines, puisa dix-huit ans quand il cesse de se préoccuper de ses jambes, il souffre des yeux, il ne peut plus lire et tient constamment ses mains devant ses yeux pour ne pas être incommodé par la lumière ; cette photophobie qui ne se rattache àauounc lésion se prolonge jusqu’à 1 âge de vingt-deux ans. A ce moment commencent des caprices et des douleurs d’estomac: il éprouve des faims horribles qui le forcent à manger à tout instant.
Cependant la digestion est pénible et s’accompagne de flatuosités, puis voici qu’il ne peut plus avaler d’aliments solides à cause d’un spasme de l’œsophage. 11 raconte aussi qu'il a eu des accès de fièvre nerveuse, enfin le pauvre homme n'a jamais eu depuis l’âge de dix ans un moment de tranquillité complète.
Actuellement il n’a plus ses douleurs des membres, il ne ressent qu’une grande fatigue, il ne souffre plus des yeux, il peut avaler sans difficulté. Il continue seulement à se plaindre de son
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estomac et de ses digestions très insuffisantes, de sa constipation.
Il se plaint aussi que sa peau est constamment sèche, qu’il ne transpire jamais, que sa bouche ainsi que ses narines sont constamment desséchées et qu’il n’éprouve jamais le besoin de se moucher. Ce sont là des troubles des sécrétions assez fréquents chez ces malades dont les fonctions glandulaires sont réduites ainsi que celles de tous les organes. Mais ce qui le tourmente surtout maintenant, c’est une inertie morale qu’il n’a jamais éprouvée à ce point. Il devient incapable de se lever, il ne se décide plus à sortir, ni à faire aucun travail. Ici l’inertie est tout à fait simple, il n’y a pas d’émotivité, pas d’angoisse : ce n’est pas une peur quelconque qui l’empêche d’agir, il est simplement indécis, apathique, incapable de prendre une résolution volontaire. Il nous semble tout naturel de rattacher cette inertie à un défaut de fonctionnement du cerveau, comme on a rattaché ses troubles digestifs à une atonie de l’estomac, sans qu’il soit nécessaire de faire appel à d’autres troubles qui arrêteraient les résolutions volontaires indirectement.
Seulement il est trop évident que l’on ne peut parler d’engourdissement total du cerveau. Cet homme en somme est venu nous voir, il a rédigé le petit papier où il raconte toutes ses misères, il nous parle et même si on le laissait faire, il ne parlerait que trop. Tout cela implique des sensations, des souvenirs, des associations d'idées, en un mot une foule de phénomènes psychologiques : on ne peut pas parler d’un arrêt complet des fonctions du cerveau. Nous sommes donc obligés de faire une distinction entre les fonctions qui sont perdues et celles qui sont conservées. Les fonctions perdues sont ici les fonctions volontaires, là faculté de décider ses actes en rapport avec les circonstances incessamment nouvelles, au milieu desquelles nous sommes plongés. Puisque cette fonction, est la première qui s’altère, n’est-il pas naturel de la considérer comme la plus délicate, la plus difficile, celle qui demande un fonctionnement cérébral plus parfait et de dire que la maladie a atteint les fonctions les plus élevées en laissant intactes pour le moment les plus élémentaires.
Un dernier détail cependant: il n’est pas tout à fait juste de dire que les fonctions plus élémentaires sont restées intactes : elles semblent plutôt un peu exagérées. Cet homme parle trop de sa maladie, et il gesticule énormément. 11 nous raconte à ce propos un détail singulier, c’est qu’au moment où il veut accomplir