‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 141 sur 201 · II · texte numérisé non relu

II

nées. L’attention se développerait et l’habitude impulsive se perdrait.

Observation 190. — Impulsion au vol. — Exagération des instincts, manie du vol chez des animaux, manie du vol chez une enfant de sept ans.

A propos de plusieurs malades, nous avons eu l’occasion de vous parler des instincts naturels exagérés qui deviennent pathologiques par défaut d’équilibre. Cette supposition vous a paru un peu aventureuse quand il s’agissait d’un adulte, chez qui mille causes, des suggestions, des habitudes, peuvent développer l’idée fixe sans qu’on ait besoin de recourir à l’instinct. L’hypothèse devient beaucoup plus intéressante quand il s’agit d’enfants très jeunes. Voici à ce propos un cas très curieux que nous n avons pas d’ailleurs la prétention de bien comprendre.

Voyez cette gentille petite fille de sept ans, Han... N’est-ee pas bien dommage qu’elle manifeste une habitude bizarre qui nous fait penser, malgré nous, à une perversion de l’intelligence.

Depuis quelques mois, on s’est aperçu dans sa maison qu’une foule de petits objets disparaissaient mystérieusement : des clés, des anneaux, des peignes, des brosses à dents, etc. Une enquête a prouvé que c’était elle la seule voleuse. On a retrouvé de ces objets qu’elle cachait dans des petits coins. Pour beaucoup d’autres, il a été impossible de les retrouver. Naturellement, on interroge l’enfant, on la gronde ; on remarque alors qu’à ce moment sa figure change complètement. Vous voyez qu’elle est jolie, qu’elle a l’air éveillé, chez] elle, elle joue et elle bavarde tout le temps. Quand on parle des objets disparus la figure devient abrutie, les yeux grand ouverts restent fixes et il n’y a plus moyen d’en tirer un mot. Elle répond toujours que c’est elle qui a pris les objets, que cela elle le sait bien; mais après, si on lui demande pourquoi, où elle les a mis, c’est le mutisme le plus complet, ou bien elle répond : « je ne sais pas », et cela avec un air si abruti que toutes les personnes de la famille ont eu une impression que ce n’était pas une méchanceté normale.

En y mettant une patience énorme, en l’interrogeant à part, avec beaucoup de douceur, nous sommes arrivés à ce qu elle se confie un peu plus. Elle a pleuré et a dit que ce n’était pas de

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