L'OBSESSION DU REMORDS
n’arrivant pas à la réalité n’a pas le sentiment de certitude, l’agitation mentale sans certitude, c’est l’interrogation. La malade est donc portée tout naturellement à une interrogation perpétuelle. En outre, le même état de dépression lui donne, comme nous l’avons vu cent fois, le sentiment de mécontentement et de honte de soi. Interrogation avec mécontentement de soi, c’est le remords. C’est pourquoi nous voyons que toutes ces formes d’interrogation aboutissent à des remords d’une action quelconque. Il est a remarquer que dans toutes ces observations, l’obsession ne prend pas la forme impulsive; si Gerv... était primitivement obsédée par la pensée de tuer sa belle-mère, pourquoi n’auraitelle pas l’impulsion à l’homicide? Elle se borne au remords parce que le fait primitif, c’est ici l’interrogation. Et dans les circonstances données, de quoi voulez-vous qu’elle ait des remords? Elle est obligée de choisir une action grave, pour s’expliquer à elle-même une inertie et des bavardages qui durent depuis deux ans. C’est ce qui l’amène tout naturellement à prendre comme remords la mort de sa belle-mère. D’ailleurs si nous ne nous trompons, l’ordre des faits justifie notre interprétation. Ger... nous a dit elle-même qu’elle a mis plus de quinze jours à se croire coupable de ce crime, qu’elle a d’abord été troublée, puis qu’elle a ruminé et enfin qu’elle a été obsédée. Cette façon de concevoir les choses a l’avantagfe de mettre de l’ordre et de la liaison entre beaucoup de phénomènes.
Cette malade s’est guérie facilement en sept à huit mois de traitement; il est à remarquer que l’obsession a été tardive puisqu’en somme elle a débuté à 28 ans, qu’elle a été déterminée par un véritable traumatisme émotionnel, ce sont les conditions qui indiquaient le meilleur pronostic.
Nous pouvons, sept ans après cette observation, ajouter un détail, cette malade que nous n’avions pas revue depuis longtemps vient de revenir. Elle a été sept ans bien portante, à peu près sans troubles : elle gardait simplement une disposition h la rêverie, qui fréquemment remplaçait l’action; elle avait besoin de se rappeler nos ordres pour pousser l’acte jusqu’au bout et ne pas dériver vers une interrogation quelconque. Vous voyez que l’obsession étant terminée, ce qui subsistait c’était l’aboulie avec la manie de l’interrogation. Onadéjà remarqué que des phobies peu-